Forgotten Heaven

Naufragé de n'importe quel océan, vous voici maintenant sur une île abandonnée depuis des lustres... NC-15
 
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 Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]

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Alecia Deveria
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MessageSujet: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Mer 11 Fév - 15:15

    Peu après son arrivée, peu après s'être occupée de sa blessure, elle s'était lancée à la découverte de cette île perdue qui attisait sa soudaine curiosité. Son côté droit l'élançait violemment par vague enflammée qui la faisait parfois grimacer mais, loin de s'arrêter, elle poursuivait son chemin, infatigable, imperturbable...épuisée. Son sac, trempé, sur l'épaule, elle observait l'état de ses vêtements tout en marchant, traversant la plage en direction de la forêt lointaine. C'était instinctif, à ses yeux la forêt était synonyme de maison, d'endroit accueillant, de repos bien mérité et surtout de plante médicinale pouvant lui permettre de s'occuper correctement de cette blessure qui saignait encore. A force de marcher la plaie s'était réouverte, en effet avec le soleil qui avait tapé durant son sommeil forcé pour ne pas dire inconscience, la plaie avait dût légèrement cicatriser et le sang arrêter de couler sinon elle serait sans doute déjà morte et exsangue. Cependant à force de marcher, ses pas tirant sur les lèvres de la plaie, cela l'avait réouvert néanmoins cela ne la dérangeait pas vraiment. Du moins ne se reprochait-elle pas de s'être levée et d'avoir marché se qui, en conséquence, avait réouvert la plaie puisque rester sur la plage aurait été synonyme de mort. Pour elle. C'était un endroit à découvert qui ne lui plaisait pas réellement, le souvenir de la veille...ou de l'autre nuit était encore trop vif en elle pour qu'elle se sente en sécurité alors qu'elle était à découvert, au vu et au su de tous. Sa démarche était encore hésitante, sa rapidité légendaire était dorénavant d'une lenteur accablante car, sous ses yeux, le sol tanguait dangereusement, lui donnant l'impression d'être sur le point de tomber d'un côté ou d'un autre, c'était troublant. A plusieurs reprises elle avait essayé de s'arrêter pour calmer ces incessants tangages sans y parvenir, rien n'y faisait. Naturellement elle avait mangé le restant de lièvre qu'elle avait dans son sac, ou du moins une partie puisqu'elle avait l'habitude d'en garder plusieurs dans son sac au cas où elle serait incapable de chasser ou d'attraper quelque chose pour une quelconque raison mais...ce lièvre était d'un goût épouvantable. Le sel de la mer s'y était imprégné et elle n'avait rien d'autre. Un moyen comme un autre de se déshydrater alors qu'elle n'était déjà pas bien vaillante.

    Elle avait finit par atteindre la forêt, avec beaucoup de difficultés cependant. Elle avait vidé la moitié de sa pauvre gourde et tentait dorénavant d'oublier qu'elle avait de l'eau et de la nourriture pour ne pas épuiser ses réserves : il était inconcevable qu'elle puisse repartir à la chasse maintenant. Elle porta une main hésitante à sa hanche et découvrit avec soulagement que son poignard était toujours là. Il ne lui servait pas vraiment à combattre mais plutôt à dépecer même s'il lui était arrivé de s'en servir afin de se défendre face à quelques animaux sauvages plus belliqueux et audacieux que les autres. Elle était entrée dans la forêt depuis plusieurs minutes déjà, le sol avait quelque peu cessé de tanguer, se rangeant à ses prières et elle s'avançait avec un peu plus d'assurance mais toujours autant de précaution : la douleur n'était pas partie. Son regard, quelque peu brouillé, cherchait tout ce qui pourrait lui servir afin de s'occuper de sa blessure correctement car le tissu dont elle s'était servit était déjà passé du blanc jaunit au rouge écarlate ce qui n'était pas de bonne augure car elle sentait un liquide chaud ruisseler sur son flanc puis couler sur la jambe de son pantalon malgré le bandage sommaire qu'elle avait improvisé. Elle était fatiguée, épuisée même, mais poursuivait sa route, imperturbable, faisant montre d'une détermination sans faille. Ou presque. Lorsqu'un bruissement retentit sur sa droite suivit d'un rugissement...surprenant en plus d'être inconnu, elle hurla de terreur, tomba sur les fesses et se recroquevilla sur elle-même. Jusque là cela aurait put être approximativement normal si un impressionnant dôme de terre ne s'était pas érigé autour d'elle dans une courbe protectrice et sans imperfection. Complètement ahurie, Alecia s'était légèrement redressée, grimaçant sous le tiraillement de sa plaie, puis avait posée ses mains quelques peu rougies par le sang sur la terre lisse qui l'entourait. Elle n'avait trouvé aucune faille et elle était dans une obscurité totale, si pleine qu'elle aurait put en être effrayée mais, malgré tout, il y avait des raies de lumières ici et là parmi des troues minuscules et inexploitables. Elle tremblait de peur mais peu à peu la peur s'enfuit, laissant place à une attention toute particulière suivie d'un calme apaisant.

    Le dôme était lisse, l'entourait d'une masse protectrice qu'elle était sans doute la seule à pouvoir ériger si elle avait un pouvoir. Mais elle n'en avait pas. Y avait-il quelqu'un dans les parages qui aurait souhaité la protéger d'une quelconque manière et qui, lui, aurait possédé quelques capacités extraordinaires ? Elle en doutait fermement : elle l'aurait entendu. La terre était-elle vivante et aurait-elle décidé qu'elle méritait sa protection ? Jamais la terre mère n'avait fait preuve d'une quelconque prétention à son égard malgré tout le temps qu'elle avait passé en son sein dans diverses forêts alors elle ne comprenait pas. Cependant elle était sûre d'une chose : elle voulait sortir ! Se tirer de cette prison de terre qu'elle trouvait néanmoins rassurante et, étrangement, elle ne se sentait pas oppressée ni privée de liberté. A ses yeux cette barrière était comme l'étreinte protectrice d'un grand frère mais cela ne changeait rien : elle désirait sortir de là. Comme réponse à sa pensée, à son désire, le dôme se retira lentement, réintégrant la terre dans quelques crissements caractéristiques sauf qu'une pensée lui vint à l'esprit : et le truc qui lui était sauté dessus ? Elle tira son poignard et se redressa dans un bond agile et souple...qui lui donna le tournis. Elle chercha du regard la source de ce rugissement curieux qu'elle avait entendu et qui ressemblait davantage à une plainte éraillée maintenant qu'elle y pensait. Ce qu'elle vit lui fit hausser un sourcil : une petite forme était prostrée sur le sol, étendue dans l'herbe comme pour se dissimuler. Sans effet visiblement. Elle se pencha doucement, prudemment et ce qu'elle vit lui tira un grognement : c'était CA qui l'avait faite hurler de terreur ? CA qui l'avait faite tomber sur les fesses ? Le bougre lui avait fichu une terreur monstre...pour rien. Elle attrapa la petite bestiole par la peau du cou et la maintint à hauteur de son visage. Il s'agissait d'un petit tigre, normal, mais apparemment il avait la morphologie d'un tigre de Sibérie...un monstre de muscle et de puissance une fois adulte. Dangereux. Elle qui ne désirait aucune compagnie s'apprêtait à le reposer sur le sol pour reprendre sa route lorsqu'elle croisa le regard de la petite peluche ambulante...elle eut l'impression qu'il l'implorait silencieusement. Elle poussa un affreux juron et le tint contre elle, son dos contre sa poitrine et ses bras enserrant l'animal sous les coudes tandis que le bas de son corps pendait vers le sol : elle n'avait pas la force de le porter correctement. C'était tout ce qu'elle pouvait faire pour l'instant. Sur le reste du trajet, elle cueillit diverses plantes qu'elle fourra dans la poche avant de son sac puis finit, agacée, par mettre le tigre dans la plus grosse poche de son sac, la principale, en laissant la fermeture suffisamment ouverte pour qu'il puisse passer sa petite tête histoire de ne pas lui foutre les pétoches. Il n'y avait rien d'autre, dans cette poche, que des vêtements déjà abimés, elle n'avait donc rien à craindre.

    Elle finit par rejoindre une clairière en plein milieu de la forêt. Là, le soleil perçait le feuillage épais et se répandait en flaque sur le sol herbeux de la clairière, donnant aux feuillages une couleur de jade magnifique qu'elle avait déjà eut l'occasion de croiser dans les autres forêt qu'elle avait parcourue. Elle s'installa au milieu de cette clairière, observant d'abord avec attention ce qui l'entourait, prenant garde à ne pas se jeter dans un quelconque piège : elle avait toujours en tête l'image de l'escouade policière. Elle libéra le petit tigre qui se contenta de s'allonger à côté d'elle en la regardant, l'implorant toujours silencieusement de ses yeux brillants. Poussant un profond soupire, elle s'empara de son sac, tira une feuille remplit de morceaux de viande séchée de lièvre et les suça un long moment afin d'en extraire l'excès de sel puis posa la feuille devant le bébé. Il se jeta dessus, visiblement affamé et empressé de se remplir l'estomac. A la lumière de la clairière elle remarqua qu'il était effectivement maigre et faible...comment avait-il survécu jusqu'ici ? D'ordinaire, un bébé tigre ne survivait pas plus de quelques minutes sans sa mère, quelques jours à peine s'il a un peu de chance mais guère plus. Celui-ci n'avait pas mangé depuis quelques jours semblait-il. Elle détourna le regard de la peluche vivante qui l'accompagnerait dorénavant et se concentra sur sa blessure. Elle retira le bandage sommaire qu'elle avait fait et s'empara d'une poignée de fleurs de mimosa « pudica » qu'elle avait aperçu sur le chemin. Il s'agissait d'une fleur tropical cependant en vue de la chaleur étouffante de la forêt ce n'était guère étonnant qu'elle se trouve là. Elle mâcha la fleur un long moment tout en pressant entre ses doigts une autre variété de fleur tropical dont elle extrayait le jus. Elle recracha la mixture de mimosa qu'elle appliqua sur la blessure afin de faire cesser le saignement, le jus était recueillis dans une large feuille verte tandis qu'elle sortait un autre tissu qu'elle déchira afin d'en faire un bandage mais pour l'instant elle laissait agir la mimosa. Elle s'apprêtait à tremper son futur bandage dans le jus récolté lorsqu'un bruit attira son attention, au même moment le bébé tigre redressa sa petite frimousse, ses oreilles dirigées vers l'avant. Prudente, Alecia porta sa main près de son poignard :


    - Qui est là ?


Dernière édition par Alecia Deveria le Sam 28 Fév - 13:19, édité 1 fois
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Chronos Djalweïs
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Dim 15 Fév - 18:15

Il s'était réveillé là, sur la plage, bercé par le bruit des vagues, et surtout avec un mal de crâne vraiment affreux. Il avait dû rester là plusieurs heures, à cuire sans qu'on vienne le déranger. Son visage était donc légèrement rougit - ne cherchons pas à savoir comment il n'a pas eut de coup de soleil, c'est un mystère- Il c'était redressé et avait regardé autour de lui, ne reconnaissant absolument rien et surtout ne voyant nulle trace de l'équipage et du bâteau où il était avant, Chronos décida de ne pas croupir plus longtemps au soleil. C'est qu'il tapait dur sur sa peau trop pâle... Il ramassa ses affaires, épousseta ses vêtement collant et poisseux de sel et tenta d'enlever le sable de ses cheveux beaucoup trop long. Cette tâche, il l'abandonna rapidement en constatant qu'il y mettrait sans doute plusieurs heures. C'est donc en grognant qu'il quitta le sable fin pour se diriger vers la végétation luxuriante. Aucune hésitation dans sa démarche, il allait là où il le voulait et qu'importe les dangers qu'il y trouverait. Cette île pouvait bien être inhabitée, il s'en moquait éperdument. Au moins il serait seul et mourrait seul, que rêver de mieux? En plus, on l'oublierait de l'autre côté et donc il aurait véritablement la belle vie ici. Mais est-ce que vivre une vie entière, sans voir une seule personne, sans un seul être humain, était aussi joyeux qu'il le prétendait? Cela ne ferait que briser un peu plus son esprit déjà dérangé... Et alors qu'il allait pénétrer dans la forêt, il eut la brusque lubie d'enlever ses chaussures. Il les fourra dans son sac, tira une arme, histoire de pouvoir se défendre contre un éventuel danger et tout sourire, comme un enfant qui part à l'aventure, il entra dans cette brousse. La chaleur se referma aussitôt sur lui, et peu habitué à un tel climat, le jeune homme se retrouva rapidement épuisé. Non seulement il ne savait pas où il était, il était naufragé, mais en plus il n'avait rien à manger et avait sans doute sauté plusieurs repas. Son ventre se manifestait douloureusement, rappelant à son propriétaire qu'il existait et qu'il désirait qu'il s'occupe de lui. Et Chronos, bien entendu, nia parfaitement les protestations de ce ventre affamé. Il n'était pas l'heure de manger. Et puis d'abord, il était quelle heure? Le jeune homme leva les yeux vers le soleil, regarda son ombre, et soupira lourdement. En fait l'heure de manger était bel et bien là. Car d'après ses calculs, il n'avait rien avalé depuis... depuis son arrivée sur le bâteau en fait et donc, il était rester minimum une journée sans prendre le moindre vivre. Secouant la tête, Nightmare se décida de continuer son exploration et s'il trouvait quelque chose à se mettre sous la dent et bien tant mieux. Seulement, plus il avançait, plus des crampes apparaissaient. La faim le tenaillait et lui il continuait à l'ignorer. Jusqu'à ce qu'il manque de s'étaler par manque de force. Souffrant de déshydratation sévère, il jugea bon de chercher un endroit à l'ombre, quoi qu'il était déjà à l'ombre, et surtout trouver de l'eau. Il resta assit durant plusieurs minutes avant de forcer son corps à se redresser, il chercha son petit coin où il pourrait se nourrir et par il ne sait pas quel miracle, trouva un petit ruisseau, dont l'eau cristalline semblait si fraiche. Avec un sourire d'enfant émerveillé, Nightmare s'accroupit et étancha sa soif avant de nettoyer sommairement ses habits emplis de sel et surtout, s'occuper de ses cheveux ensablés. Seulement trop fin que pour nettoyer correctement, il du se contenter de cela. Et après avoir remercier le ruisseau, il repartit, cette fois à la recherche de quoi manger.

Durant les deux jours qui suivirent, la vie de Chronos fut rythmée par ce seul besoin, la nourriture. Le sommeil aussi. Et le besoin de découverte. Cette île qui s'offrait à lui, regorgeait de choses magnifiques. Deux jours où Nightmare mangea peu tentant plutôt de découvrir l'île. Il se fit attaquer une fois par un animal sauva, la surprise, la fatigue et les réflex, aidèrent le soldat à se défendre. Et à tuer l'animal par un geste involontaire. Et bien entendu, Chronos ne pouvait pas laisser cette bête ainsi tuée sans raison. Il devait faire quelque chose avec, qu'elle serve... Et c'est donc sans une once d'hésitation qu'il dépeça l'animal, coupant des tranches dans la chair sanglante, salant la viande pour qu'elle ne moisisse pas. Et après s'être recueillit, il laissa la carcasse aux autres animaux de la forêt. Il reprit sa route tout en grignotant un fruit qu'il avait prit un peu plus tôt. Il commençait à en avoir marre de tourner en rond. Survivre ici c'était bien, mais il allait vraiment devoir songer à se construire une habitation, à se trouver des occupations... Déjà deux jours ici, et il se languissait de certaines joies, la sur le moment il n'avait pas d'idées. Et tout en grignotant, il eut le pressentiment que quelque chose allait arrivé. Il ne savait pas quoi, mais en tout cas, cela serait quelque chose de nouveau dans la monotonie qui s'était installée chez lui. Il ne fut donc pas trop surprit en entendant des bruits étouffés. Comme si une bête mangeait, mais il y avait autre chose aussi. Et Chronos, tout en haussant les épaules, se dirigea vers cette source d'interrogation. Il marcha silencieusement, enfin pas vraiment, il se fichait pas mal qu'on l'entende venir... Et ce qui devait arriver, arriva. Par contre, Nightmare ne s'attendait pas à cela. Une voix féminine, humaine déchira le relatif silence.`Chronos fronça les sourcils et sortit des broussailles pour déboucher sur une sorte de magnifique clairière éclairée par le soleil et dont le feuillage était de la même couleur que les yeux du soldat. Soldat qui surprit par la vision, pencha la tête sur le côté. Il était étonné de voir une personne et l'information montant jusqu'au cerveau, tous les muscles du jeune homme se tendirent. Crispé, il fixa l'ange devant lui. Un ange dont le charme le laisse pour le moment, complètement insensible. Un humain était ici. Un humain qui n'avait pas été sur le même bâteau que lui.

Donc, cette île était habitée. Misère... Et tandis que cette pensée se fit dans son esprit, Nightmare tourna les talon pour s'enfoncer une nouvelle fois dans la végétation. Seulement il ne fit que quelques pas car il se dit soudain qu'il devait aider cette jeune femme. Elle était blessée d'après ce qu'il avait pu voir. Alors avec un soupire lourd, Nightmare revint près d'elle, sans un mot, il termina son fruit, posa son sac et s'accroupit près d'elle, ne la fixant à aucun moment dans les yeux. Il fouilla dans son sacoche et sortit une autre tranche de viande séchée pour la boule de poile affamée qui mangeait déjà autre chose. Puis le jeune homme reporta son attention sur la demoiselle, il regarda la plaie sanglante, il leva la main vers elle, comme pour la toucher, mais il n'en fit rien. Il venait de juger l'ampleur de la blessure. Ça pouvait être grave si elle ne s'en occupait pas maintenant. La chaleur qu'il y avait renforçait le risque de gangrène, il fallait donc faire attention. Chronos le savait bien, il avait dû lui même recoudre une plaie faite par l'animal que se trouvait à présent dans son sac. Seulement voilà, il doutait qu'elle veuille de l'aide. Et lui il doutait qu'il veuille aider. Bref, il ne la connaissait pas, mais il pouvait l'aider, qu'importe les envies. Un masque total d'indifférence gravé sur le visage, le jeune homme s'empara délicatement de la mixture, ne faisant même pas attention à l'arme que tenait la jeune femme. C'est à peine s'il avait daigné la regarder d'ailleurs. Bref, il prit donc la mixture et étrangement, il savait comment l'utiliser. Il ne savait pas bien ce que c'était vu l'aspect que cela avait, mais il était au courant de l'utilisation. Il avait déjà dû utiliser les moyens du bords dans certaines missions, alors... Alors avec des gestes précis et doux, il termina ce qu'avait commencé la jeune femme, prenant dans ses propres affaires, des bandages propres qu'il lui donna. Et ceci fait, il rangea le tout, pour s'éloigner un peu plus loin dans la clairière, il s'accroupit et ferma les yeux, ne faisant déjà plus attention à la jeune femme. Elle était là, mais il n'imaginait pas un seul instant qu'elle l'attaquerait.
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Alecia Deveria
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Dim 15 Fév - 19:07

    Le bruit avait été à la fois infime et très prononcé. Cela pouvait sans doute s'expliquer par la distance qui séparait la source de ce bruit et la jeune femme. Au fil des années passées en forêt et autres lieux sauvages, il était naturel qu'elle possède des sens aiguisés voir plus encore. Elle était assise, attendant patiemment que se manifeste ce qui approchait irrémédiablement, sa question n'obtint aucune réponse, néanmoins elle patienta calmement, laissant sa blessure sur le côté, se concentrant sur la menace qui pouvait se dévoiler à tout moment. Cependant le pas qui s'approchait se faisait bruyant, ou en tout cas suffisamment pour annoncer une présence comme si ce qui approchait n'avait nulle envie de dissimuler son arrivée...ce qui ne devrait pas être le cas dans cette forêt pour le moins sauvage et dangereuse...une personne peu prudente donc. La démarche était rapide mais ne semblait pas précipitée pour autant, un peu comme la marche d'un soldat qui avance avec résignation et détermination...quelqu'un qui n'a pas froid aux yeux et qui agit selon ses envies. Une simple façon de marcher pouvait indiquer tant de choses...d'ailleurs c'était un homme qui approchait. Sa blessure la tiraillait, picotait désagréablement et elle sentait encore le sang couler, se mélangeant à la mixture qu'elle avait préparé afin de stopper les saignements...sans grand effet pour le moment mais elle ne s'en inquiétait pas. Il n'était pas anormal que l'effet ne soit pas immédiat, il lui suffisait de patienter et pour l'instant son futur bandage trempait dans un jus qui faciliterait la cicatrisation, un bon moyen de se sortir de ce mauvais pas. Sa main droite serrée sur la poignée de son poignard, elle tenait son flanc blessé de la main gauche, pressant son côté droit comme pour retenir le sang mais cela n'avait aucun effet, elle le savait fort bien mais cela n'empêchait rien. La bestiole à côté d'elle avait cessé de se goinfrer pour se concentrer sur le nouveau venu qui ne tarderait pas à se présenter à présent, il se trouvait à moins de dix mètres d'elle et en vue de l'allure à laquelle il allait il devrait bientôt être là. Elle attendait patiemment, chaque muscle tendu, prêt à servir en cas de danger. Prête à bondir à courir, à frapper malgré son ignorance en matière de combat, elle attendait, le cœur battant.

    L'homme finit par se révéler et elle haussa les sourcils, l'air incrédule et surprit. Ce type était...si différent que s'en était troublant. Ce n'était pas une différence comme la sienne qui cherchait ses racines dans les profondeurs de son âme, c'était une différence physique qui le démarquait tant des autres que c'en était confus. Cependant son visage était dépourvu de sentiment à l'instar de beaucoup de soldat mais lui s'était autre chose comme s'il avait cessé de vivre, comme s'il se contentait d'agir et de réagir en fonction de ce qui se passait autour de lui. Il n'était pas animé par le bon sens, par une quelconque envie de faire souffrir ou autre, il bougeait...parce qu'il n'avait rien d'autre à faire. C'était ce qu'elle ressentait en voyant ce jeune homme. Lui aussi la regarda puis il tourna les talons, voulant apparemment s'en aller...confondant d'étrangeté ce type. Il ne fit cependant pas plus de quelques pas puis revint vers elle comme s'il s'était résolu à agir. Se souvenant qu'il pouvait être une menace, Alecia releva la lame de son poignard de quelques centimètres...mais il ne lui jeta pas même un regard. Elle voulut gronder, se retint de justesse pour se contenter de l'observer d'un air surpris et...légèrement courroucé. Ce n'était pas tant le fait qu'il ne la regardait pas, c'était plutôt qu'il ne lui portait aucune attention, ne lui jetait pas un coup d'œil comme si elle n'existait pas ! Elle avait souvent agit ainsi avec les autres sans se rendre compte que c'était plutôt...agaçant, particulièrement agaçant...prodigieusement énervant. Il termina tranquillement le fruit qu'il tenait entre ses doigts, sans un mot, sans un regard, puis observa sa blessure...ce mec sortait décidément du lot. Comment devait-elle réagir ? Vouloir le tuer ? Lui sauter à la gorge ? Elle ne percevait en lui aucune envie belliqueuse mais il pouvait très bien lui sauter dessus à l'improviste. Elle se contenta de rester sur ses gardes tandis qu'il l'auscultait attentivement, semblant juger de la gravité de la blessure. A sa grande surprise, il sut comment utiliser le baume qu'elle avait créé de ses propres mains – et dents – et en appliqua un seconde couche après avoir retiré la première...même sans cela elle l'aurait fait également, une fois le tout imprégné de sang c'était inutile. Elle le laissa faire sans broncher, se contentant de le détailler du regard avec une intensité qui pouvait paraître malvenue voir même désagréable mais elle s'en fichait : à charge de revanche !

    Il avait un visage fin aux traits délicats et au teint pâle, il avait des yeux d'un vert si intense que s'en était troublant, le même vert que celui que l'on pouvait voir lorsque le soleil passait sur le feuillage des arbres : jade ou émeraude selon les moments. Impressionnant d'intensité. Une bouche fine, désirable, de longs cheveux d'un blanc lumineux. Ce n'était pas le blanc fade ou grisonnant que l'on pouvait trouver chez les personnes âgées ou lors des décolorations, c'était un blanc...pur et agréable à voir. Cependant il était tranché par une unique mèche d'un orange criard et...il était indéniablement beau cependant l'indifférence qu'il lui portait était...profondément outrageante mais surtout...énervante. Elle fut soudain prise par l'envie de lui jeter quelque chose à la figure mais n'en fit rien, jugeant cette réaction puérile et...indigne d'elle ? Elle faisait ce qu'elle voulait pardi ! Mais pas maintenant... Elle se contenta de lever les yeux au ciel et de soupirer avant de retenir un soudain cri de douleur, sa blessure était franchement...ennuyante pour être polie. Elle s'empara des bandages qu'il lui avait donné et les trempa dans le jus, retirant d'un geste le tissu propre qu'elle y avait mit et, jugeant qu'il y en avait trop peu, écrasa de nouvel plante afin d'en extraire l'essence. Le bandage fut bientôt imprégné du liquide et elle en entoura son flanc du bandage blanc et plus propre que celui qu'elle avait prévu.

    Elle ne résista guère plus longtemps. Elle attrapa le tissu qu'elle avait voulu utiliser en bandage et le jeta à la figure de l'inconnu avec colère, plaquant ses mains sur ses hanches en évitant précautionneusement sa blessure.


    - A qui ai-je l'honneur ?

    Ses paroles étaient prononcées avec courtoisie et gentillesse comme si elle n'avait pas agit comme une gamine, d'ailleurs un sourire amusé étirait ses fines lèvres tandis qu'une mèche noire venait glisser devant son œil, elle ne s'en inquiéta pas plus que cela. A côté d'elle, le bébé tigre, après avoir finit le morceau de lièvre qu'elle lui avait donné, se jeta sur la tranche de viande que l'inconnu lui avait jeté. Jugeant qu'elle était sans doute peu respectueuse, elle se reprit et prit une nouvelle fois la parole :

    - Merci de m'avoir aidé et aussi pour la nourriture. Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? Au passage, je me nomme Alecia.

    Elle adressa un sourire amical puis jeta un regard à son poignard qui se trouvait juste à côté d'elle, à portée de main. L'arme ne lui serait sans doute d'aucune utilité mais peu importait, ce n'était pas cela qui l'intéressait. Elle s'empara de l'arme et la remit à sa ceinture puis reporta son regard sur le jeune inconnu...
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Chronos Djalweïs
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Dim 15 Fév - 22:02

Deux jours à survivre dans un lieu pouvant être considéré comme hostile. Pour Chronos, il s'agissait plus d'un autre entraînement dénudé de tout intérêt. Enfin pas tellement parce qu'il faisait un retour aux sources, mais le fait y était, il se contentait de se lever le matin et de bouger la journée, manger et dormir. Une monotonie affligeante qui s'installait et qui n'affectait même pas le jeune homme. Il était même étonnant de voir avec quelle rapidité il s'était habitué à son nouvel environnement. Ici ou ailleurs, quelle différence? Ha oui, ici il était seul et donc, il ne risquait plus de faire du mal. Il était libre. Mais même ici avec cette liberté, il se sentait... Entravé, quelque chose qui le retenait. Lui qui pensait qu'il serait plus heureux quand il n'aurait plus à se soucier de rien, voilà qu'il se retrouvait sur une île déserte et il se sentait encore plus accablé que jamais. Cela ne tournait pas rond dans son esprit... Et pourtant, malgré ce sentiment, Chronos n'y faisait pas attention. Sa vie avait toujours été ainsi, que cela ne l'affectait même plus. être seul? Tant mieux, il avait apprit à aimer la solitude. C'était une amie tellement précieuse, elle au moins ne trahissait pas, elle ne faisait pas mal et ne blessait pas. Mais elle pouvait être pesant. L'homme est un être fait pour vivre en société. Si Nightmare ne voulait pas croire en cela, il savait pourtant qu'il avait besoin d'un minimum de contact. Mais les seuls qu'il pouvait avoir ici, c'était avec les animaux, limite, il pouvait discuter avec eux et les arbres... mais il ne pouvait espérer avoir de réponse. Bon sang, il n'allait quand même pas s'inventer des amis imaginaires! Non quand même pas... Il n'irait jamais jusque là. Il n'en aurait visiblement pas besoin vu que l'île n'était pas aussi abandonnée qu'il l'avait cru. Une voix avait percé le silence, des bruit. Et Chronos c'était dirigé vers la provenance, sans se soucier du bruit que lui-même faisait. Lorsqu'il y déboucha, la surprise fut la première, puis tout ses muscles se tendirent. Il allait faire demi-tour avant de prendre un décision. Il allait l'aider. Et c'est ce qu'il fit. Sans poser une fois le regard sur elle, comme si elle faisait partie du décor. Il portait toute son attention sur la blessure et le soignait avec la même délicatesse qu'il utilisait pour les animaux. Seulement ce n'était pas un animal mais un femme. Mais la douceur y était. Il su comment utiliser les ingrédients, il aida simplement cette demoiselle avant de lui donner des bandages. Et il se leva pour aller plus loin. Il n'avait pas encore ouvert la bouche, et ne comptait pas le faire. Il voulait s'en aller, mais finalement cet endroit semblait accueillant, il pourrait y rester un peu... Ça ne pourrait pas lui faire de mal. Et c'était sans compter qu'il restait totalement indifférent à la jeune femme, ne faisant même pas attention à ce qu'il pouvait penser de lui, aux interrogations ou à la colère qu'il pouvait engendrer en son cœur. Il y était trop habitué que pour y prêter une attention quelconque.

Assis un peu plus loin, les yeux clos, il faisait comme si la demoiselle n'était plus là. Outrageant dans cette attitude, il le savait, mais comme d'habitude, cela lui passait loin au dessus de la tête. Tête qui fut visée d'ailleurs. Et Chronos, en ouvrant brusquement les prunelles de jade, rattrapa le tissu d'une main. Et comme toujours aucun sentiment n'était venu se loger sur son visage impassible. Il regardait la demoiselle se tenir les hanches et lui poser une question qui lui tira une seule réaction: celle de lui faire pencher la tête. Il n'y avait pas d'honneur à le rencontrer et puis franchement il n'avait pas envie de se présenter. Et malgré le sourire qu'elle lui faisait, lui ne répondait même pas. Il était conscient que cela pouvait énerver, mais il ne parvenait pas à faire autrement. Cela faisait longtemps qu'on ne s'était pas approcher de lui, qu'on ne lui avait pas sourit sans rien attendre en retour. Cette jeune femme semblait... Naturelle, elle ne semblait pas lui vouloir de mal, et le remerciait même de l'avoir aidé. En soi c'était normal, mais Chronos était réellement étonné qu'on lui dise merci. Cela lui arrivait si rarement... A cause de cela il se sentit presque obligé de répondre à la demoiselle. Mais pas honnêtement, mentir pour préserver sa liberté. Alors la voix de Nightmare s'éleva pour la première fois, un doux murmure porté par le vent. Voix qui utilisait une puissance exacte et contrôlée. Juste faite pour que la jeune femme soit la seule à l'entendre.


- Yahwë, enchanté. Et vous n'avez pas besoin de m'aider en retour.

Comment pouvait-on dire de telle parole avec si peu d'émotion? Comment pouvait-on seulement penser qu'il mentait? Sa voix avait été si clair qu'il était impossible de seulement imaginer un mensonge... Le regard du jeune homme tomba un instant sur le poignard laissé au sol, puis sur le tigre qui dévorait sa viande. C'était mignon, mais vu la maigreur de l'animal... C'était étonnant qu'il soit encore en vie. Enfin, pas tant que cela. Quand on regardait Chronos on pouvait aussi se poser la même question. Il ne se nourrissait plus beaucoup depuis qu'il était arrivé, sans compter les maigres rations qu'il avait reçu avant, et en plus les vêtements amples qu'il portait soulignait un peu plus sa propre maigreur. En plus de cacher les cicatrices et tatouages qu'il portait. Bref. Le jeune homme se leva et laissa son sac là où il était. Il ne craignait pas de se le faire voler, même s'il savait à présent qu'il n'était pas seul ici. Il s'approcha d'Alecia et prit sa main afin de poser un simple baiser. Il faisait toujours ça quand il rencontrait une dame qu'il jugeait plus importante, qui dégageait une certaine force et prestance. Cela montrait qu'il les respectait, même si cela ne se lisait pas sur son visage et que cela pouvait être faut. Parce que Nightmare était capable de faire un baise-main et de tuer la personne ensuite. Après un court silence, la voix du jeune homme s'éleva à nouveau, toujours aussi douce, étonnamment calme, il posa une question. Et ce qui était étonnant c'est qu'il parlait. Peut-être pour combler le vide, mais surtout parce qu'il avait besoin d'avoir des information, savoir si elle faisait partie d'un équipage à sa recherche, même si c'était peu probable.

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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Lun 16 Fév - 20:22

    Le jeune homme qui se trouvait là était un peu plus jeune qu'elle de deux ou trois ans, pas plus mais peut-être moins, elle ne pouvait en être certaine. Ne pouvait être sûre de rien, néanmoins à en voir son allure c'était l'âge qu'elle lui donnerait. Vingt ans tout au plus, dix neuf tout au moins...elle le voyait mal en avoir dix huit...mais à en voir son regard, même dépourvu d'expression, elle était tentée de lui donner plus. Il semblait posséder une maturité unique en son genre...selon elle, il avait vécu des choses qui l'avaient mené à se comporter comme il le faisait maintenant. Il ne s'occupait que de lui-même et, à l'occasion lorsque l'envie le prenait, aidait les autres sans demander quoique ce soit en retour. Enfin, à première vue. Elle ne pouvait attester de son réel comportement. Il semblait aussi expressif qu'une pierre. Sa question, ou plutôt ses premières paroles, le firent pencher la tête sur le côté, réaction pour le moins inattendue. Avait-elle dit quelque chose qui l'aurait étonné ? Surpris ? Prit au dépourvu ? Selon le petit tableau qu'elle commençait à se peindre intérieurement afin de déchiffrer le caractère de l'étranger, il était peut-être étonné par l'emploi du mot « honneur » dans le sens où elle serait contente de le rencontrer...oui, c'était sans doute cela, il n'y avait rien d'autre qui puisse le faire réagir autrement, à moins que ce ne soit le simple fait qu'elle s'intéresse à lui. C'était également une possibilité à envisager. Ou peut-être surprit par l'emploi du « vous » mais elle n'y croyait pas réellement, à l'allure qu'il avait, il ne devait pas avoir été beaucoup vouvoyé dans sa vie...ou alors beaucoup trop. En effet, aux yeux de la jeune femme, celui qui se trouvait non loin d'elle avait l'allure d'une prince, c'était la seule idée qu'elle avait de lui mais...il n'y avait plus de royauté dans ce monde et donc plus non plus de prince ou princesse...a part dans quelques pays. Elle n'en était pas sûre mais elle penchait davantage vers l'absence d'habitude concernant son intérêt ou alors l'emploie du mot honneur qui devait être singulièrement rare pour lui. Petit à petit elle dressait un tableau, pour le moment il n'y avait pas grand chose, juste quelques petits détails qu'elle avait déduit de son comportement et de son apparence.

    Elle dut attendre un peu avant d'obtenir son nom, comme s'il réfléchissait pour savoir s'il devait ou non lui révéler son identité, au final il se présenta. Yahwë...nom pour le moins étrange qui lui évoqua quelque chose, une sensation familière qu'elle tenta d'exploiter aussitôt. C'était un mot qu'elle avait déjà lu quelque part, dans un des vieux, très vieux, livres de la bibliothèque de son père. Entre deux séances d'équitation, de danse, de chant ou autre...souvent à la fin des cours, elle se rendait dans cette pièce peuplée de bouquins dont la valeur inestimable n'avait d'égale que l'importance des manuscrits. Elle y avait apprit le latin et d'autres langues, certes pas avec perfection car elle ne savait que déchiffrer avec peine et ne pouvait sans doute pas parler ces langues couramment mais ce mot là...elle le connaissait. Il était sur le bout de sa langue mais ne parvenait à s'en souvenir...jusqu'à ce que la bulle éclate et que le souvenir lui revienne à la mémoire :


    - Ce mot existe dans une autre langue avec une autre prononciation...dans cette langue il signifie « un lien de confiance* ». Je ne sais pas si tu le savais mais essaie de t'en montrer digne, c'est un très ancien langage.

    Elle adressa un sourire au jeune homme, n'attendant pas réellement de réponse mais il se leva, laissant ses affaires là ce qui démontrait qu'il n'avait pas l'intention de s'en aller, et qu'il ne craignait pas que l'on tente de le voler. Il s'approcha, s'empara de sa main et y déposa ses lèvres en un baise-main aussi inattendu qu'agréable. Elle avait toujours trouvé cela amusant et quelque peu embarrassant car elle ne savait jamais comment réagir à ce genre de situation, cette fois-ci, elle se contenta de sourire d'un air amusé et...amical, ce n'était rien de plus. Pourquoi se montrer malveillante à son égard alors que jusqu'ici il s'était montré...il l'avait aidée et là se montrait respectueux, du moins si l'on suivait les rituels de la galanterie, si ce n'était l'absence d'émotion sur son visage. A sa question, elle sourit une nouvelle fois :

    - Non, pas très. Je dirais quelques heures, un jour tout au plus puisque je ne sais combien de temps je suis restée inconsciente sur la plage. Et toi ?

    Elle contempla un moment le visage du jeune homme, appréciant les traits fin, la pâleur de sa peau à sa juste valeur. Puis, lentement, elle approcha ses deux mains de ses joues, avec une douceur non dissimulée afin qu'il ne puisse pas prendre son geste pour ce qu'il n'était pas. Ses index se posèrent sur ses temps tandis que ses pouces venaient se glisser sur la commissure de ses lèvres. D'un léger mouvement, elle étira ses lèvres en un sourire, certes factice mais un sourire tout de même. A cela, elle eut un sourire à son tour, un sourire emplit d'une douceur simple et d'une chaleur agréable, tout en elle clamait qu'elle était amicale et rien de plus ou de moins. Elle s'était montrée lente et prudente car elle avait remarqué à son mouvement vif, qu'il était un combattant. Il avait rattrapé le tissu sans effort apparent, sans même l'avoir vu auparavant...c'était un combattant et un combattant efficace voir mortel. Elle le savait mais ne s'en souciait pas : pourquoi la tuerait-il ?

    - Tu as des émotion Yahwë, ne les gâche pas en les masquant. Tu serais tellement plus beau avec un sourire.

    Un nouveau sourire, tendre celui-ci, modifia ses traits puis elle lâcha son visage, le laissant tranquille au cas où son geste ne lui aurait pas plût. A côté d'elle, la boule de poils s'ébroua puis s'allongea, son échine se posant contre la cuisse gainée de cuir de la jeune fille, profitant de sa chaleur mais s'assurant surtout de sa présence. Il semblait effrayé à la seule idée de la perdre, de se retrouver à nouveau seul dans cette vie sauvage et impitoyable. Étrangement, elle ressentit pour lui de la tendresse et autre chose qui l'alarma brutalement. Sa peur ne transparut pas, ce n'était pas qu'elle ne désirait pas la montrer, c'était une peur interne qui n'avait nul besoin de se manifester à l'extérieur car toute la frayeur qu'elle ressentait s'amplifiait sensiblement au fur et à mesure qu'elle se rendait compte d'une chose. Une seule. Elle aimait cette peluche sur patte, pourtant il n'avait rien fait pour qu'elle ressente cela et l'inverse était vrai également. De plus il était fragile, plus qu'une autre créature. Elle voyait bien la maigreur de son corps, la faiblesse dont il était la proie, elle voyait bien toute cette fragilité et elle craignait plus que tout au monde de s'y attachait et de souffrir à nouveau à sa seule perte. C'était peut-être excessif aux yeux des autres mais pour elle c'était justifié et parfaitement normal. Les plaies du corps l'importaient pas...mais les blessures du cœur l'effrayaient si fort qu'elle en aurait tremblé. Ce ne fut pas le cas. Toute l'agitation dont elle était la proie n'apparut jamais sur ses traits, fait exceptionnel mais qu'elle pouvait justifier cette fois-ci : cet homme qui se trouvait là était déjà réticent à lui adresser la parole, elle ne voulait pas le faire fuir en affichant de la peur inutilement. Ce n'était pas qu'elle s'était attachée à lui, à des centaines de lieux de là, mais elle voulait tout de même un peu de compagnie, aussi inexpressive soit-elle.


____________

Yawë (sans le h du faux nom de Chronos) signifie bien "un lien de confiance" dans une certaine langue mais il s'agit de l'ancien langage dont parlent les livres de Christopher Paolini, l'auteur de la trilogie de l'Héritage (Eragon, L'Aîné, Brisingr (en parution française bientôt), ainsi qu'un autre en cours d'écriture). Simple précision.
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Mar 17 Fév - 10:24

Comment dire? Cette rencontre glissait la carapace du Chronos. Il était là parce qu'il avait jugé bon de soigner la demoiselle et maintenant il restait alors qu'il pouvait très bien retourner à ses arbres. Bon très bien, il se mentait à lui-même, un tout petit peu, parce qu'il avait besoin d'un peu de compagnie. Même si elle ne parlait pas, qu'importe ce qu'elle était du moment que cela bouge et soit vivante. Assis dans l'herbe, Chronos essayait de s'ouvrir un tout petit peu. En fait non, il restait aussi indifférent et expressif que la pierre, mais au moins il écoutait et réfléchissait à une réponse à fournir. Il se rendait compte aussi qu'il suscitait l'interrogation de la jeune femme, il voyait dans ses yeux sombres les questions défiler, et Nightmare pouvait deviner certaines d'entre elles. Mais il ne voulait pas répondre. Son comportement resterait aussi étrange que maintenant parce que... Il avait apprit à être ainsi, une sorte d'objet doué de vie, mais sans aucun sentiment. Comment changer une habitude prise il y a presque une décennie? Comment changer alors qu'il était devenu ainsi pour éviter toute forme de souffrance? Sans émotion, on ne pouvait plus souffrir. Les objets n'ont pas mal. On ne leur porte pas beaucoup d'attention, on les nettoie de temps en temps, on les utilise et une fois cassés, on les jette. Pourquoi ne pas faire pareil avec lui? Il avait été créé pour être une marionnette, et il s'était rebellé, il avait fuit, et à présent, même s'il appréciait la liberté, il se disait que finalement, il n'avait plus de maître, plus personne à qui obéir, ce qui ne lui était jamais arrivé. Il était un peu perdu à présent. Mais la voix d'Alecia s'éleva et Nightmare releva la tête vers lui, presque interrogateur. Non, surpris. Oui, c'était le mot. Cette jeune femme venait de le surprendre et c'était passé dans les yeux du jeune homme. Très rapidement, furtif et à peine perceptible. Nightmare se demandait comment Alecia connaissait la signification de ce nom alors que lui même l'avait complètement sapé. Maintenant qu'elle lui était rappelée, il trouvait cela vraiment ironique. "Lien de confiance." Stupide, surtout pour lui. On pouvait lui faire confiance, mais de là à dire qu'il fallait qu'il se montre digne... N'importe quoi. Surtout que ce n'était pas son vrai nom, mais celui de quelqu'un qu'il avait assassiné il y a peu. Et tandis qu'elle continuait à lui sourire, Nightmare ne changeait pas de position, il gardait la tête penchée, fixant la jeune femme. Et il se décida enfin à avoir une réaction. Enfin, un geste. Parce que pour le moment, il était plutôt statique, il se leva et se dirigea vers la demoiselle, prit sa main et y posa ses lèvres. Ni plus ni moins, simple signe de respect. Personne ne le lui avait apprit, on lui avait même demandé d'arrêter parce que c'était démodé et stupide. Mais pas pour lui. Les baise main pour les femmes, la poignée de main pour les hommes, et encore pas pour tous. Ceci fait, Nightmare posa une question. Simple, peut-être pour meubler la conversation, mais il ne fallait pas s'arrêter à cela. Il faisait un effort pour parler, alors... Alors bon, fallait pas lui en vouloir si ce qui sortait pouvait ne pas être intéressant. Mais Alecia répondit, toujours aussi douce et enjouée. Gentille. Elle retourna la question et Chronos mit quelques secondes avant de lui-même répondre.

- Deux à trois jours. J'ai perdu le fil du temps.

Vraiment, il devrait aussi faire un effort pour parler avec plus de mots dans ses phrases. Parce que là, on avait l'impression qu'il parlait parce qu'il fallait parler, répondre à une question, comme à l'armée. Seulement il n'y était plus, il devait impérativement apprendre à s'ouvrir. Mais la tâche était ardue, voire même irréalisable. La suite laissa Nightmare dans la perplexité. La jeune femme avait lentement rapprocher ses mains de son visage, et le jeune homme avait dû se faire violence pour ne par reculer brusquement. Alecia, dans tous ses gestes, son attitude, montrait qu'elle était calme et ne souhaitait en aucun cas faire du mal. La soldat était mal à l'aise, peu habitué à de tels gestes, ou simplement des intentions douces. Il ne savait pas comment réagir alors... Il ne réagissait pas simplement. Même si l'étonnement pouvait se lire dans ses prunelles de jade. Il laissait Alecia faire à sa guise, étirer ses lèvres dans un sourire factice qui avait simplement pour but... En fait le jeune homme l'ignorait. Pourquoi cette femme avait-elle fait cela? Pourquoi lui souriait-elle? Il doutait fortement qu'elle soit simplette, elle semblait juste... Amicale, emplie de chaleur humaine, ce qui manquait affreusement au jeune homme. Il plongea ses yeux dans ceux de la demoiselle comme s'il désirait la sonder, savoir à quoi elle pensait et deviner si elle pouvait être un danger pour lui. Trop de gens avaient déjà essayé de se rapprocher de lui pour le poignarder ensuite. Il ne désirait en aucun cas que cela se reproduise. Ne plus accorder sa confiance était un bon moyen selon lui... Mais aux paroles de la jeune femme, Nightmare se crispa brusquement, voilà qu'on lui disait qu'il avait des émotions et qu'il serait bien plus beau en souriant... Il ne voulait pas y croire. Juste être une chose à laquelle on ne fait pas attention. Et lorsqu'elle le lâcha, Chronos se détourna pour s'asseoir un peu plus loin, comme une distance de sécurité. Il ne s'en rendait pas bien compte, mais parfois, on entrevoyait en lui, un enfant trop rapidement grandi. Un enfant qui à peur et qui tente d'être fort. Qui se force à croire à des choses stupides parce que c'est ainsi qu'on l'a éduqué. Et là, ce jeune homme voulait répliquer, parler et dire ce qu'il pensait, mais il n'en fit rien. Cela ne ferait que "l'enfoncer" un peu plus. Dire "Les émotions sont inutiles et créées pour faire du mal" n'était pas vraiment très recommandé. Il n'apperçu pas le trouble de la jeune femme, non seulement parce qu'il n'avait pas fait attention mais en plus parce qu'elle avait bien tout dissimuler. Et alors qu'il se couchait dans l'herbe, comme s'il ne craignait pas le moins du monde un attaque quelconque, comme s'il était dans son élément, il parla.


- Je vous remercie de vous soucier de moi, mais ne soyez pas si prévenante avec un inconnu...

Pourquoi disait-il ça? C'était comme s'il disait qu'on ne pouvait pas se fier à lui, qu'il était dangereux et capable d'enfoncer un poignard dans le dos. Bon dans un certain sens c'était vrai mais... C'était quand même faire preuve d'un manque de tact! Enfin pas vraiment car il avait employé des mots précis pour dire le fond de sa pensée, et il fallait en quelque sorte, lire entre les lignes pour comprendre ce qu'il avait sous entendu. Et il était persuader qu'elle comprendrait. Elle était intelligente. Chronos releva la tête et le détailla, la fixant intensément pour la première fois. Pas d'arrières pensées, il faisait cela uniquement pour graver la silhouette, les formes et les détails de Alecia. Impolis? pas tellement. Enfin, ça pouvait être outrageant d'avoir un homme qui fixe une femme avec un air de pierre. Et oui, Chronos, malgré ce qu'on venait de lui dire, ne prenait pas beaucoup plus d'expressions. Mais il ne pensait pas moins. Alecia était indéniablement belle, un charme envoûtant qui devait sans doute mettre de nombreux hommes à ses pieds. Un touche sauvage dans son apparence, un masque et de longs cheveux noir... Des courbes avantageuses... Oui dans son genre, on pouvait dire que la nature l'avait gâtée. Et lui pauvre créature qu'il était restait insensible à de telles charmes. Il était vraiment pas bien. Il se racla la gorge avant de rouler et de se mettre sur le ventre afin de voir le petit tigre et également la jeune femme.

- Vous devriez peut-être lui donner un nom? Il ne vous lâchera plus. Vous êtes un peu comme... Sa mère, à présent.
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Mer 18 Fév - 14:59

    Elle écarquilla brusquement les yeux, chaque partie de son corps s'était raidie et elle affichait un air surpris et non loin de paraître horrifié. Il ne la lâchera plus ? Comment ça il ne la lâchera plus ? Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ? Son regard d'un noir de nuit parcouru d'or se porta sur le jeune tigre qui s'était pelotonné contre elle et le foudroya un bref instant du regard. Profondément endormit, il ne s'en rendit pas compte, se contentant de ronfler joyeusement. Très, très doucement elle s'écarta de la peluche ambulante jusqu'à se trouver à un mètre de lui. Satisfaite, elle sourit. Satisfaite de quoi ? Il ne s'était pas réveillé, ne l'avait pas suivit...il y avait donc des chances qu'il la laisse tranquille. Peine perdue. L'animal ouvrit doucement ses yeux et la chercha du regard, donnant l'affreuse impression d'être effrayé, terrifié à l'idée qu'elle puisse avoir disparu. Il se leva, quitta sa place et revint s'allonger juste à côté d'elle, son échine collé contre sa cuisse et de nouveau plongé dans un profond sommeil. Un repos paisible et mérité que justifiait son estomac désormais plein. Alecia, elle, était au bord de la crise de nerf.

    *Pitié ! Pas ça !*

    Elle ne voulait surtout pas être suivie par ce bout d'animal sauvage aussi mignon qu'attendrissant, elle finirait par s'y attacher et elle refusait la simple idée que cela puisse arriver. Non...elle ne finirait pas par s'y attacher : elle l'était déjà. Un peu. Et ne laisserait pas le temps à ce sentiment de grandir, il fallait qu'il s'en aille, qu'il aille ailleurs, loin d'elle. Aussi loin que possible. Quittant le tigre du regard, elle reporta son attention sur Yahwë, le regardant avec un air proche de la supplique. Peut-être qu'il en voudrait lui ? C'était la meilleure chose à faire mais d'un autre côté il était hors de question de confier cette peluche attendrissante à ce type dépourvu d'émotion apparente ! Il ne saurait même pas lui offrir un peu d'amour ! Les cheveux de sa nuque se hérissèrent lentement. Et voilà qu'elle cherchait déjà un « propriétaire » adéquat selon ses propres idées ! Comme une mère poule.

    Elle inspira profondément pour se calmer, histoire d'apaiser la soudaine fébrilité qui s'était emparée d'elle. Elle craignait plus que tout de perdre de nouveau un proche, que quelqu'un souffre à cause d'elle ou qu'elle ne souffre à cause de quelqu'un...est-ce que lui, ce truc qui la considérait, selon Yahwë, comme sa mère la trahirait un jour ? S'en irait ou périrait ? C'était pourtant inévitable, il mourrait bien un jour et il était probable également qu'à un moment de sa vie il la quitte pour vivre pleinement sa nature sauvage. Elle ne pouvait décemment pas le laisser vivre avec elle, elle finirait par en souffrir, elle en était persuadée. Pourtant c'était stupide de sa part de refuser un compagnon qui ne la quitterait pas pendant un certain temps, elle ne songeait qu'à la séparation et à elle seule, c'était sans doute la même chose qu'avec l'individu qui se trouvait plus loin et qui réfutait ses propres sentiments. Il ne les acceptait pas, les refusait en bloc et les dissimulait si bien que lui-même n'en avait plus conscience, pourtant ils étaient là. Elle les avait bien vu dans son regard, elle avait perçu la surprise comme elle avait vu l'incompréhension, tous deux à peines perceptibles, si peu présents qu'ils en paraissaient illusoires. Si elle n'avait pas été aussi observatrice elle n'aurait sans doute rien vu. Il agissait également un peu comme un enfant, comme un enfant délaissé par ses parents qui aurait grandit seul. Qui aurait grandit trop vite. Il avait l'âge d'être son petit frère et pourtant l'attitude d'un homme de plus de vingt ans. Un peu comme elle. Ce n'était pas la même chose mais en même temps cela y ressemblait. Elle était une humaine qui avait davantage l'allure d'un animal, pas dans le sens physique du terme même si elle avait une apparence plus sauvage et libre qu'une autre personne, mais dans sa façon de vivre. Loin des autres, loin de toute forme de solitude, loin de tout. Un proverbe disait loin des yeux, loin du cœur et elle l'appliquait autant que possible. Du moins elle essayait car le destin semblait en avoir décidé autrement. Elle connaissait la ténacité des tigres et savait que même si elle s'enfuyait en ne laissant aucune chance au bébé de la retrouver, il essayerait...et mourrait en essayant. Elle refusait d'avoir la mort d'un tigre sur la conscience, encore moins lorsqu'il s'agissait un jeune comme celui-ci.

    Elle eut une légère grimace et se contenta d'attraper la peluche qui dormait encore à côté d'elle et de la poser sur ses genoux. Pour l'instant elle le garderait avec elle jusqu'à ce qu'elle trouve un moyen pour le laisser quelque part où il pourrait s'en sortir et vivre libre comme il devrait l'être. Même si elle répugnait à l'idée de se lier trop avec lui, elle le ferait pour un temps limité seulement. Elle n'essaya pas de voir plus loin, ne voulut pas imaginer ce qui allait arriver et qui, à ses yeux, prenait la tournure d'un film : elle allait trop s'attacher, définitivement, et jamais elle ne le laisserait partir, il continuerait de la suivre puis finirait par la quitter. Définitivement, en lui causant souffrance et sentiment d'abandon. C'était toujours ainsi. L'animal, à son mouvement, se réveilla et ronronna brièvement avant de s'allonger dans le creux formé par ses jambes croisées, elle caressa délicatement sa fourrure plus rêche que douce, sans doute due à sa sous-alimentation aussi ne s'en inquiéta-t-elle pas.


    - Tu as raison, je vais l'appeler Shad, ça devrait aller.

    Elle haussa légèrement les épaules, soulignant que même si cela n'allait pas ce n'était pas très grave. De toute façon il était fort peu probable qu'il reste avec elle très longtemps, un an tout au plus alors avec ou sans nom. Du moins le pensait-elle. Elle eut un petit sourire puis tourna son regard vers Yahwë avec un léger, tout petit, sourire.

    - Tu me dis de ne pas être prévenante avec un inconnu mais je te signale que c'est toi qui a commencé en l'étant avec moi.

    Son sourire s'élargit, demeurant aussi chaleureux et amical qu'au départ. Son attitude sympathique était tout à fait normale à ses yeux cependant cela ne signifiait pas, pour elle, qu'elle désirait tisser des liens avec le premier venu. Certes, il l'intriguait et elle ne désirait rien de plus que de lui faire ressentir plus d'émotion qu'il n'en laissait paraître, le rendre un peu plus heureux car il semblait abattu par quelques évènements du passé. Ce n'était pas très agréable à voir et elle voulait l'aider, au moins un peu, lui faire découvrir les joies de la vie d'un autre côté elle ne savait pas comment s'y prendre et se voyait mal lui dire cela de but en blanc. Elle attira son sac vers elle, grimaçant sous la douleur de son flanc droit qui continuait à irradiait mais qu'elle tentait du mieux qu'elle pouvait d'ignorer tout en discutant « gaiement ». Elle tira une autre feuille pliée et l'ouvrit, dévoilant quelques lanières de viande séchée.

    - Tu en veux un peu ? Par contre elles ont un sale goût salé à cause de l'eau de mer, excuse moi.

    Elle eut un autre petit sourire et, s'emparant d'une lanière, elle la goba tout entière, mâchonnant rapidement afin de ne pas sentir l'excès de sel qui donnait un goût à la viande particulièrement...repoussant. Elle grimaça puis secoua la tête.

    - C'est immangeable !

    Elle éclata d'un rire frais et cristallin mais laissa la feuille ouverte telle quelle afin que, s'il en voulait, Yahwë puisse en prendre, à sa guise. Elle-même n'y toucherait plus, elle avait eut assez de sel pour la journée...voir la semaine. Au moins ! Sur ses genoux, le tigre s'était endormit paisiblement...
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Mer 18 Fév - 19:27

/Je ne faisais que relever un fait, et cela semblait la choquer. N'importe qui l'aurait deviné, mais il semblait... Qu'elle n'arrivait pas à se remettre de mes paroles. Il me paraissait logique que ce tigre la suive, elle l'avait sauvé d'après ce que j'avais pu comprendre, enfin, voir. Elle l'avait nourrit et donné un peu de douceur. Oui, pour un jeune animal n'ayant plus de reperd, la moindre personne gentille pouvait faire office de mère, et Alecia pouvait très bien réussir. C'est mon avis. Elle était douce et d'agréable de compagnie. Même si vu ses habits, elle ressemblait à une sauvageonne, je pouvais percevoir en elle un certain raffinement pas vraiment déplaisant./

Il regarda le petit manège de la demoiselle, la fixa alors qu'elle tentait de s'éloigner et la peur soudaine qui anima le petit corps poilu. Chronos avait raison, il ne la lâcherait plus. D'un côté c'était un tableau tout à fait adorable, presque normal quand on les voyait. Et lui, Nightmare ne se posait pas plus de questions, il voyait un tigre coller une jeune femme blessée et il n'essayait même pas de chercher plus loin. De ses yeux émeraude aux éclats de métal, le jeune homme soutient le regard suppliant de la demoiselle. Il la regardait comme si de rien était, comme s'il ne comprenait pas ce qui lui était demandé. Seulement, n'étant pas stupide, il savait parfaitement ce qu'on lui demandait. Lui cela ne le dérangeait pas de "s'encombrer" d'un animal, il saurait s'en occuper, puisque justement c'était un animal. Si cela avait été un enfant, la question ne se serait même pas la même. Un enfant... Comment pourrait-il s'occuper d'un enfant avec un passé comme le sien? Jamais il ne ferait un bon exemple, jamais Chronos ne se laisserait assez approcher pour accepter la charge qu'était l'éducation d'un mouflet! Bref, ici c'était un tigre - bébé - mais cela il pouvait. Mais par respect, il n'en prendrait pas la charge. Comme s'il avait l'intuition que cet animal avait déjà choisi son maître. Chronos ne désirait en aucun cas infliger sa présence à un animal, à un enfant de la nature qui avait déjà choisi sa voie. Il n'imposerait pas sa présence mais serait tout à fait capable de se mettre en danger pour le sauver. Pour lui les animaux, la nature, devait être protégé de toute les manières possible, et si en offrant son corps il pouvait en sauver, alors pourquoi pas? Et alors qu'il songeait à tout cela, Alecia prit la peluche vivante et la posa sur se genoux, posant sa maint dessus. Et entendant le doux ronronnement, Nigthmare sourit. Un sourire si claire, si fin, qu'on pouvait douter de son existence tout en était certain qu'il ne pouvait être que réel. Alecia était bien loin de la vérité quand elle disait qu'il serait plus beau avec un sourire. Avec un étirement si simple, si petit, il resplendissant. Il se redressa légèrement pour "marcher" vers les deux compagnons. Il se pencha doucement vers le jeune tigre et passa sa main au-dessus de lui avant de la poser vraiment. Son geste était d'une douceur incomparable, un mouvement qu'il était difficile d'imaginer qu'il venait de lui.

- Un de mes camarades se nommait Shad. Enfin, Shadwek, mais on utilisait ce diminutif.


Il cessa tout mouvements, crispé. Il venait de faire allusion à cette période. Il grogna et se retira pour s'installer en face d'Alecia. Il n'en revenait pas, il avait dit cela avec une telle facilité, comme si cela était naturel, que cela ne le touchait pas. Alors que cet homme, Nightmare l'avait assassiné parce que soit disant il devenait trop rebelle et trop fort. Encore un fantôme qui continuait à le poursuivre. Etrangement Nightmare avait ce don: se souvenir de chaque visage avec exactitude, cette capacité de retenir chaque expressions que ses victimes prenaient avant de mourir. Un don maudit que Chronos avait fini par haïr. Reprenant son visage sans expression, préférant se noyer dans l'indifférence plutôt que dans un passé trop lourd. Il ne serait plus capable de tenir s'il repensait à tout cela. Déjà qu'en cet instant, ses épaules étaient voûtées comme un poids trop lourd qu'il porterait sur ses épaules trop frêles. Ses orbes verdoyants étaient obstinément posé sur la peluche, et ce jeune homme se crispa d'un coup en écoutant la suite. Lui aussi était prévenant? Non pas lui? Il se fichait de la mort des humain? Non, ce n'est pas ça, là il se mentait à lui-même. Voir une personne mourir ne lui faisait pas vraiment plaisir. Il releva la tête vers la jeune femme et plongea ses yeux dans les siens. Comme pour lui faire passer un message alors qu'il n'y avait pas de message. A part celui de "j'agis comme je le veux, tu n'as rien à me dire."

- Je pouvais très bien vous laisser là, à vos problèmes, ça ne m'aurait pas dérangé. Mais je peux me montrer galant.


C'est quoi comme explication ça? Et pourquoi sa voix avait été si froide, si tranchante? Cela n'avait aucun sens, Alecia ne disait pas cela pour blesser Chronos, elle voulait sans doute montrer que les paroles du jeune homme n'avait quasiment aucun sens... De plus l'attitude de cette jeune femme commençait à agacer le soldat. Trop peu habitué à de telles marques d'attentions, à une telle gentillesse, il était totalement prit au dépourvu. Cela commençait à se sentir dans son comportement, il était plus tendu, moins humain tout en étant plus... humain. Difficile à croire et à comprendre. Il serra le poing, à présent insensible au reste. Il n'y avait plus que cette femme et son comportement totalement... inhabituel. Et lorsqu'elle lui proposa de la viande séchée, Nightmare, ou plutôt son masque se brisa. Son regard se fit plus claire, plus dément si l'on pouvait dire. Il se releva d'un bon souple, et foudroya la jeune femme pour lancer d'un ton glacial, tout en étant aussi apeuré, perdu. Tant de sentiments contraires dans un même corps, comme si deux personnes tentaient se prendre le contrôle.

- Arrêtez de faire comme si j'étais humain! J'en ai assez! Vous est agréable avec moi, vous ne me connaissez pas!

Et dans sa colère enfantine, sa main s'était cripséee sur une arme, il ne l'avait pas sortie mais l'envie lui démangeait...
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Ven 20 Fév - 19:28

    Elle était fatiguée, ressentait la fatigue dans chaque parcelle de son corps, celui-ci s'était sensiblement alourdit mais pas suffisamment pour la gêner, pas au début en tout cas. Elle soupçonnait son séjour en mer d'en être la cause, de plus chaque partie de son corps était douloureuse, moins elle y pensait moins elle le ressentait mais c'était un fait qu'elle ne pouvait ignorer. Ce n'était pas étonnant vu le plongeon en mer qu'elle avait effectué pour se tirer des griffes de la police, il était d'ailleurs surprenant de constater qu'elle n'avait aucun os de brisé malgré sa chute, percer la surface de l'eau avait été un véritable cauchemar. C'était comme si elle s'était écrasée sur du béton, elle aurait pu se briser la nuque, elle n'y avait réchappé que de justesse et n'était pas morte noyée que par chance. Ou par Malchance. Cette île semblait déserte en dehors d'elle-même et de cet étrange jeune homme qui, lui aussi, venait d'arriver. L'étonnement provoquée par sa présence venait à peine de la toucher. Lui aussi venait d'arriver...apparemment il n'avait rien d'une personne en croisière, n'en avait pas l'allure en tout cas et puis elle le voyait mal prendre une croisière juste comme ça...quoique l'image puisse être amusante. N'arrivait-on sur cette île que par naufrage ? Elle en doutait, cela relèverait de la magie et cette dernière n'existait pas. Très terre à terre, Alecia se contenta d'un haussement d'épaule mentale pour quitter cette réflexion peu...réaliste, enfin, pour l'instant ce n'était pas une réalité à ses yeux puisqu'elle n'y croirait que lorsqu'elle le verrait. Cependant elle avait une forte envie de dormir, soudaine. De se reposer un peu mais d'un autre côté ce n'était pas ce qu'elle désirait, elle était blessée et en compagnie d'un énigmatique personnage dont l'apparente indifférence n'était qu'un masque lui permettant de se tenir éloigné du monde, elle le savait...ou plutôt le sentait comme tel. Un masque qui se fissura légèrement lorsque Shad, le bébé tigre, se mit à ronronner et que, de là où elle était assise, elle vit Yahwë sourire, la commissure de ses lèvres s'étirant très légèrement. Un sourire qui illumina son visage comme l'aurait fait un soleil de midi sur la surface de l'eau, fascinée, elle le fixa du regard, détaillant la lumière subite que ce sourire si mince avait créé sur le visage du jeune homme.

    Lentement, le jeune homme s'approcha jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres d'elle mais son attention n'était pas dirigée vers sa personne mais plutôt vers le petit animal blottit entre ses jambes, la tête posée sur sa cuisse. Sa main se fit légère, à peine perceptible au début car elle ne faisait qu'effleurer les poils de l'animal, semblable à la caresse du vent, si normal que Shad ne s'en formalisa pas et se contenta de continuer à dormir paisiblement. En revanche lorsque Yahwë posa une bonne fois pour toutes sa main sur sa fourrure, il releva vivement la tête et darda sur l'étranger un regard où se disputait l'étonnement et la méfiance. Loin de se méfier, Alecia était surtout étonnée, surprise, incrédule...intriguée. La douceur qui imprégnait chaque mouvement du jeune homme vis à vis de l'animal était étonnante de singularité, il était surprenant de le voir faire montre d'une telle douceur...enfin, elle ne devrait pas non plus en être aussi étonnée. Un sourire délicat étira ses fines lèvres, sourire empreint d'une grande tendresse qui s'évanouit lorsque le jeune homme se tendit brusquement à la suite de ses propres mots. Était-il arrivé quelque chose à ce Shad ? Elle ne le sut pas puisqu'il n'ajouta rien, s'asseyant simplement, le regard obstinément fixé sur la peluche qui se trouvait sur ses genoux. Nouvel indice à propos de cet inconnu : il préférait les animaux aux humains, enfin...il aimait bien la nature, un peu comme elle sur ce point là. Il était tendu, c'était visible mais sa voix, lorsqu'il répondit, était glaciale, tranchante...il n'appréciait réellement pas l'attention qu'elle lui offrait, elle avait donc bien comprit son incompréhension par rapport à l'intérêt qu'elle lui portait, une attention qu'elle porterait à n'importe quel autre humain, certains s'en offusqueraient, pas lui. Alors qu'il était d'une beauté impressionnante qui devait attirer les regards il n'appréciait pas l'attention qu'on pouvait lui porter alors que d'autres s'en rengorgeraient, apprécieraient la popularité que leur offre physique avantageux. Pas lui, une fois de plus. Il ne fit que remonter davantage dans son estime même si elle poursuivait son chemin en solitaire, elle ne refuserait pas de le revoir pour peu qu'elle ne s'attachait pas trop à lui, c'est à cela qu'elle prenait garde, essentiellement. Mais la compagnie n'allait-elle pas de paire avec l'attachement ?

    Ses réflexions furent brutalement coupées lorsqu'elle remarqua la tension qui l'habitait, si différente de celle qui l'avait étreinte il y a un instant lorsqu'un souvenir s'était rappelé à lui, une tension que l'apparente incrédulité qui s'était emparée de lui. Il ne montrait rien de ses sentiments mais c'était visible à sa façon de la regarder qui, petit à petit, devint plus glaciale plus rancunière. Les poings serrés et le visage de plus en plus éclairé par une sorte...de démence étrange, il semblait d'un seul coup plus humain. Il possédait des émotions et par cette subite colère, dont elle ne comprenait rien, il le montrait ostensiblement, d'un autre côté ce visage empreint de folie était d'une certaine façon moins humain. Une contradiction...encore une fois. D'un bond, il se redressa et lui parla d'une voix glaciale, la rebrouant en affirmant qu'il n'était guère humain, qu'il ne méritait pas autant d'attention. Il était sensiblement en colère et elle le remarqua aussitôt, ce qui eut pour conséquence de susciter chez elle de la curiosité mais autre chose. Son calme se fissura légèrement et elle suivit son geste, se redressant d'un mouvement vif cependant la blessure de son côté l'élança brutalement, saccadant son mouvement et la faisant chanceler le temps qu'elle reprenne son équilibre. Une lueur de souffrance était brièvement passée dans ses yeux et Shad, jusque là installé confortablement, fut proprement éjecté de sa place, à présent étalé dans l'herbe et le regard hagard de celui qui ne comprend pas ce qui vient de se passer.


    - Maintenant tu vas te calmer et m'écouter. Tout humain mérite attention, de plus même si je ne te connais pas je fais ce que je veux, je m'adresse à toi si j'en ai envie ! Cesse donc de te comporter comme un enfant ou alors soit-le pleinement !

    Ses lèvres s'entrouvrirent légèrement alors qu'elle voulut poursuivre sa tirade, lui assurer qu'elle appréciait sa présence même si ce n'était pas pour l'instant, qu'il avait tord d'être aussi indifférent vis à vis du monde, du moins à l'extérieur. Qu'il commettait des erreurs en n'étant pas lui-même, en ne laissant pas la porte ouverte sur ses sentiments mais un brusque vertige s'était emparée d'elle. Sa vision se troubla un instant, devint floue. Une chape de brume s'abattit sur elle tandis qu'une fatigue irrésistible s'emparait d'elle, en plus de cela une souffrance insoutenable irradiait de son côté droit comme un second cœur qui pulsait furieusement. Ses jambes se dérobèrent sous elle, le monde s'assombrit mais elle ne perdit pas connaissance pour autant, en revanche elle ne sut plus où elle était comme si le haut et le bas n'existaient plus. Ne restait que l'impression de chuter, de tomber mais elle ne savait pas si elle tombait ou si elle s'élevait, une chose était sûre : elle avait affreusement mal et elle était incroyablement fatiguée.
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Chronos Djalweïs
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Dim 22 Fév - 20:42

Jouet: Objet qui sert d'amusement , qui sert au jeu. Se dit également de quelqu'un qui se fait manipuler. Voilà... Les dernières années qu'avait vécu Chronos se résumait à ce mot unique. Il avait été le jouet des autres, des grandes personnes. Il le savait, il l'avait toujours su, mais tout acte de rébellion était sévèrement puni. Avec le temps Nightmare avait compris son rôle, et ne le discutait plus. Il avait une certaine place dans la hiérarchie et avait eu beaucoup de mal pour l'obtenir, et une fois à ce poste, sa condition c'était à peine améliorée. Il avait comprit que pour rester en vie, il ne devait pas discuter, se laisser faire et c'était tout. Mais... Quand on est traité comme un vulgaire objet durant la majorité de sa vie, la personne concernée en vient à penser la même chose. Chronos ne se considérait plus comme humais, juste comme une chose qui bougeait et vivait, une chose à peine utile à qui il faut donner des ordres et qui n'a bien entendu pas le droit d'avoir de sentiment. Cet enseignement était à présent profondément encré en Chronos, dans son esprit dans sa chair, certaines de ses cicatrices prouvaient qu'il appartenait à l'armée, comme un bien, un objet qu'on aurait perdu mais dont le propriétaire n'est pas résolu à abandonner. Nightmare pensait ainsi maintenant, il appartenait à quelqu'un et pour le moment, il jouait à l'animal fugueur et mal dressé, il pensait sincèrement qu'on allait le retrouver et qu'il recevrait punition exemplaire pour un crime exemplaire. Il était inconcevable, inimaginable pour lui, que quelqu'un puisse le prendre pour un humain. Nightmare était un monstre à visage d'homme, d'ange même, car sa chevelure était pur et lumineuse, mais... Ses actes... ils n'avaient rien de bons. Toute humanité avec quitté cet enfant et aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, une femme, un humain le considérait comme son égale, s'occupait de lui et discutait, cherchant à mieux le connaitre.

Comment pouvait-elle se montrer si agréable en sa compagnie? Nightmare ne faisait rien pour qu'on soit aussi sympathique avec lui, il ne répondait que par de courtes phrases. Et elle... Elle l'invitait à manger, elle l'observait comme une femme regarderait une autre personne. Le détaillait comme s'il... comme s'il était étrange. Curieuse... Chronos avait subitement envie de partir, retourner dans cette espèce de jungle et y moisir, seul. Mais il ne bougeait pas, il restait là comme un idiot à sentir la colère et l'incompréhension monter en lui. Cette attention qu'on lui portait était trop subite, trop nouvelle, et ça le dérangeait prodigieusement. Alecia serait-elle aussi gentille si Nightmare lui disait ce qu'il était? Ce qu'il avait fait? Enfin, dans un sens, il avait l'impression que la jeune femme s'en moquerait et resterait tout de même à ses côtés. C'était son genre d'après le soldat. Soldat qui craqua. Son masque se fissura et il se releva d'un bond, crispé au possible, lançant des paroles glaciales. Trop de sentiments le traversaient ce qui lui donnait une certaine démence effrayante. Enfin, pas vraiment car quand la folie le prend vraiment, personne ne reste indifférent. Mais le lieutenant-colonel ne s'attendait à ce que la demoiselle suive le mouvement avec une telle rapidité. Elle était blessée après tout. Et Nightmare fronça les sourcils en entendant les paroles, enfant? Il était un enfant? Oui, encore, dans certains domaines, certaines situations... Seulement là, le ton qu'avait employé Alecia était le même qu'employait jadis Elidor. Une sorte de terreur s'empara alors du jeune homme, terreur contrôlée bien entendu. Il n'avait rien à craindre. Et il pouvait se calmer.

En fait, il se calma aussitôt qu'il vit Alecia tourner de l'œil. Dans un mouvement rapide et vif, faisant preuve d'une rapidité invraisemblable, il rattrapa la demoiselle avant qu'elle ne tombe définitivement au sol. Il ne savait pas vraiment comment il y était parvenu, mais voilà Alecia était contre lui et il la soutenait. Mais quelque chose que Chronos n'avait pas prévu arriva. Ses propre jambes tremblèrent comme si elles protestaient, ne supportant pas un poids trop important. Seulement Alecia n'était pas ce qu'on pouvait appeler de lourde. Non elle était même plutôt légère, mais c'était le jeune homme qui ne c'était pas assez nourrit, préférant une ration de fruit à de la viande, jeunant durant durant d'autres jours... Un traitement que son corps ne supportait pas avec le changement climatique. Sans compter que le mouvement vif avait rouvert sa blessure contre l'animal. Il sentait déjà le liquide chaud et poisseux couler, mais il ne fit rien. La seule chose qui pouvait montre qu'il était blessé, c'était la légère grimace qui s'était figée sur son visage en plus de la couleur pourpre qu'avait pris ses vêtements. Il s'en fichait, il était capable de supporter. Jusqu'à un certain degré et là, il savait qu'il devait se poser sur l'herbe s''il voulait aider le jeune femme. Alors doucement il s'accroupit, tenant toujours Alecia dans ses bras. Il la coucha avec précaution sur le sol et lui se relava pour aller chercher son sac et le ramener vers le corps allongé de la jeune femme. Il en sortit une gourde et imbiba un tissu, enfin, un de ses vêtements, d'eau fraiche qu'il appliqua sur le front trop chaud de la demoiselle. Il la fit également boire, probablement déshydratée ou même sans cela, boire ne pouvait pas faire de mal. Il avait aussi d'autres moyens pour la soigner définitivement, mais c'était extrêmement douloureux et en plus... Cela pouvait prendre du temps. Il se frotta la nuque et soupira. En plus pour accompagner le tout, il sentait la fatigue le gagner. Bon sang, un an de vie fugitive l'avait complètement ramollis! Il était plus solide que cela tout de même! Soudain redevenu sérieux, ce jeune homme se remémora cette période de sa vie qu'il détestait, cherchant un moyen efficace d'aider Alecia. Le seul qu'il trouva était rudimentaire, mais... Il n'avait pas le choix. Il fouilla à nouveau dans son sac et en sortit une petite trousse, il y avait tout ce dont il avait besoin: fil, aiguilles, et un petit flacon contenant de l'alcool. Alors Nightmare s'attela à enlever le bandage d'Alecia et de nettoyer la plaie avec précaution. Il déposa de l'eau froide dessus, pour endormir un peu cette blessure. Il stérilisa l'aiguille et désinfecta totalement ce qui devait l'être. Et enfin, il se décida sans une once d'hésitation, à refermer la plaie. Passant l'aiguille dans les chairs meurtries, recousant avec minutie. Des gestes précis qui prouvait qu'il ne faisait pas cela pour la première fois. Et quand cela fut terminé, Il appliqua un onguent à base de plantes et mit un bandage. Encore un autre. Et ceci fait, il pu enfin respirer plus normalement, se détendant. Il venait de l'aider une nouvelle fois, sans que rien ne lui soit demander. Grognant, Nightmare se détourna pour enlever son sa veste et son haut complètement imbibé de sang. Le sien et celui de la jeune femme. Il devait aussi s'occuper de la sienne, mais il n'avait pas vraiment le cœur à cela. Il préférait guérir avec le temps, mais il risquait la gangrène et là... Bha il risquait de mourir. Quelle prise de tête! Finalement il haussa les épaules et épongea le sang avant de mettre autre chose, laissant sa plaie telle quelle, sans s'en soucier une minute de plus et préférant veiller sur Alecia. Bizarrement il se sentait responsable d'elle. En un sens, la douceur et la beauté de cette femme lui rappelait celle d'Altéa sa propre mère. Un autre mauvais souvenir. Avec un soupire, Chronos enleva le tissus imbibé d'eau et toucha le front du bout des doigts pour voir si la fièvre avait baissé, et son geste se transforma en une très légère caresse emplie de douceur.
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Mer 25 Fév - 20:15

    La douleur avait été forte, aussi vive et vicieuse qu'un serpent, aussi brûlante que le feu, aussi intense qu'elle n'aurait sut la comparer à quelque chose, en réalité elle n'était guère capable de réfléchir correctement. Seule demeurait la douleur, pourtant jusqu'ici elle n'avait rien ressentit, pas une once de souffrance aussi intense que celle-ci, juste...quelque chose de supportable. Son séjour dans l'eau avait-il engourdit chaque fibre de son corps jusqu'à l'empêcher de ressentir la véritable douleur ? Elle en doutait. Peut-être qu'elle n'y avait justement pas prêté attention, l'avait ignorée jusqu'à ce qu'elle se rappelle à elle avec toute la violence dont elle était capable. Et quelle violence ! C'était insoutenable. Elle n'avait guère l'habitude d'être blessée, toute sa vie durant, ou en tout cas durant une grande majorité de cette dernière, elle avait vécu à l'abri des blessures en dehors de quelques exceptions pas très marquantes lors de chutes et autres. Son existence en forêt avait été, en revanche, ponctuée de plaies dont la gravité pouvait varier mais jamais la douleur n'avait atteint cette extrémité. Sans doute était-ce à cause de l'eau de mer, du fait qu'elle n'avait pu s'en occuper dès l'instant où elle avait été blessée...peut-être. Elle ne pouvait faire de véritables suggestions, était en réalité incapable d'avoir quelques pensées cohérentes où se mêlaient impressions, sensations, souvenirs et d'autres encore dans un fouillis inextricable qui l'empêchait de s'y retrouver. Seule la douleur demeurait distincte. Trop sans doute. Beaucoup trop en réalité. Mais elle s'atténuait peu à peu puis revenait plus forte, comme les vagues d'une mer dont l'agitation avait été violente durant un court instant pour s'apaiser ensuite. Un peu. Juste un peu. La violence n'était pas aussi brutale qu'elle l'avait été lorsqu'elle avait perdu pied et où ses jambes s'étaient dérobées sous elle, elle était moins intense mais toujours aussi remarquable. Comme un second cœur pulsant violemment dans son côté droit, n'attendant qu'une erreur de sa part pour revenir plus forte que jamais. Elle n'était en tout cas pas prête à lui offrir cette occasion, d'un autre côté elle ne pouvait se permettre de lambiner, elle était obligée de bouger de là un moment où à un autre et le plus tôt serait le mieux. Rester statique en forêt n'était pas une bonne idée. N'avait jamais été une bonne idée.

    Ce qui l'avait le plus étonnée, et la seule chose qu'elle avait réellement ressentit en dehors de la douleur subite dû à sa blessure, c'était les bras qui l'avaient rattrapés, le torse sur lequel elle s'était adossée alors qu'elle aurait dû toucher le sol avec moins de douceur...toucher le sol ou les cieux. L'incertitude quand à sa position était toujours aussi vive : haut ou bas ? Ascension ou chute ? Elle s'en rendit compte lorsqu'il la posa doucement au sol après s'être accroupi. Alors que son dos se reposait lentement sur le sol herbeux de la clairière, le monde reprit de sa clarté. Les formes reprirent de leur précision, les images retrouvèrent leur sens, ses pensées se précisèrent puis les sons devinrent moins diffus, le sifflement s'était tu. Elle récupérait ses moyens, lentement mais sûrement. Mais autre chose la dérangeait franchement : cette vicieuse impression de faiblesse. Cela lui donnait envie de grogner, de gronder, de se lever et de s'en aller pour prouver à elle-même qu'elle n'était pas faible pourtant elle se savait incapable de faire le moindre mouvement. Pour le moment du moins. Alors que le blanc lumineux et le vert émeraude quittait sa vision – ses cheveux et ses yeux se rendit-elle compte plus tard – elle sentit quelque chose de froid s'appliquer sur son front...vraiment très froid, ce qui lui fit se rendre compte de la fièvre qui s'était emparée d'elle...Depuis quand ? A cause de quoi ? Son séjour dans l'eau avait dû être brutal pour qu'elle soit aussi maladive, aussi faible à présent que s'en était alarmant...rageant et frustrant. Elle resta aussi immobile que possible, redoutant le moindre mouvement et la vague de douleur qui pourrait en résulter mais ce n'était pas que cela, c'était aussi la sensation d'être incapable de faire le moindre mouvement. Il lui semblait même impossible de lever le bras, de tendre les doigts et de rassurer la peluche qu'était le bébé tigre qui, plus loin, semblait s'inquiéter. Sa gueule pelucheuse reflétait quelque chose comme de l'angoisse...était-elle si atteinte qu'elle se cru capable de déchiffrer les expressions faciales de Shad ? Doucement, elle sentit une main relever légèrement sa tête et quelque chose se presser sur ses lèvres, une gourde dont Yahwë tentait de lui faire boire le contenu.

    Elle eut envie de grimacer avant de se rendre compte qu'elle avait soif, mourrait de soif...le sel de la mer sans le moindre doute avait asséché sa gorge et déshydraté son corps...ou peut-être était-ce à cause de l'écrasante chaleur qui régnait ici, l'un dans l'autre ce n'était guère gênant, ne restait que la soif. Elle but l'eau sans excès, ne paraissant pas avide de boire et pourtant l'eau lui faisait un bien fou, apaisait la sécheresse de sa gorge. Un long filet d'eau coula le long de son menton, quittant la commissure de ses lèvres pour goutter sur sa gorge puis sur sa poitrine en un filet frais qui mettait en évidence la chaleur de son propre corps. Bien...elle avait fort chaud mais en même temps elle avait l'impression d'avoir froid...génial, ne manquait plus que cela. Un peu de froid sur son flanc droit la fit sursauter, les picotements désagréables qui s'en suivirent la firent grimacer, toutes sortes d'expressions venant marquer progressivement son visage, elle n'essayait pas de masquer sa douleur : à quoi cela aurait-il servit ? Plus de bandage, n'était l'eau que l'on passait sur la plaie afin de la laver du sang qui avait pu couler et autre encore puis autre chose, une seule chose en réalité...qui se résumait d'un seul coup à tout. Ne subsistait que cet objet. L'aiguille. Tout son corps frémit, puis trembla, elle eut un mouvement de recul bien visible mais se contint à l'immobilité, fermant les yeux de toutes ses forces comme pour nier la seule existence de cette Chose non loin d'elle. Puis il passa l'aiguille dans sa chair, sensation rendue précise et claire à cause de la douleur, une précision presque douleur qui renforçait la souffrance soudaine qui s'était emparée d'elle : il était en train de recoudre sa plaie. Elle aurait aimé se recroqueviller sur elle-même dans une position fœtale comme pour ignorer la douleur, la tenir éloignée de son corps mais ce n'était guère possible. Elle cru perdre connaissance, elle n'en fit rien. L'aiguille passait et repassait, resserrant les lèvres de la plaie rajoutant la terreur à la douleur...traquée par la police, échouée sur une île apparemment déserte – ou presque – elle se retrouvait avec un bébé tigre qui ne semblait guère décidé à lui foutre la paix. Restons positif, elle pourrait être blessée... Geste inconsidéré, presque involontaire, elle avait relevé sa jambe, ses doigts serraient une touffe d'herbe qu'elle se retenait avec peine d'arracher. Elle fermait les yeux avec force, essayant de ne pas voir ni d'imaginer l'aiguille passant dans ses chairs, en ressortir puis y revenir...cela lui ferait ressentir une terreur sourde qui pourrait lui faire commettre des erreurs.

    Le calvaire prit fin peu après lorsqu'il mit un onguent sur sa plaie pour l'entourer d'un bandage, un autre encore. Elle entendit un grognement mais garda les yeux fermés, tâchant de détendre chaque partie de son corps, commençant par les jambes puis remontant lentement. Elle y parvenait pour peu qu'elle ignorait ce qui l'entourait et ce cœur douloureux qui pulsait encore, plus ardent encore mais cela passerait après. Son exercice fut réduit à néant lorsque le tissu fut retiré de son front, la ramenant à la réalité tandis que la chaleur reprenait ses droits sur son front, moins intense qu'auparavant mais plus présent. Elle n'avait plus de fièvre ou alors juste un restant qui demeurerait encore quelques temps, peut-être plusieurs heures avant de passer après un sommeil bien mérité. Pas maintenant en outre. Il tâta son front, tentant de savoir si elle était encore fiévreuse, palpation qui devint caresse légère et douce, geste étonnant. Elle ouvrit ses yeux d'un noir intense dont l'obscurité était troublée par quelques pigments dorés pour le moins étonnant. Son regard se fixa sur le vert du sien, pendant un instant on ne put rien y lire si ce n'est une question muette puis un sourire étira ses lèvres. Elle se força à bouger du mieux qu'elle put, parvint à bouger son bras et à attraper la main de Yahwë en un geste tendre et délicat, dépourvu de tout sinon marqué de faiblesse. Son regard toujours fiché dans le sien, elle prit la parole à voix basse comme dans un chuchotement :


    - Tu devrais t'occuper de toi, cette blessure mérite ton attention. Fais-le pour moi. S'il te plaît.

    Ses mots s'achevèrent dans un soupire léger...réellement fatiguée, plus que de raison, trop sans doute pour qu'elle ne s'en inquiète pas mais c'était toujours ce qui arrivait après un séjour dans l'eau. Comme si cette dernière sapait les forces des audacieux qui s'y aventuraient. Son sourire toujours présents, ses yeux toujours ouverts, ses doigts toujours refermés sur sa main, elle sentit pourtant autre chose : Shad se blottissait contre elle. Pourtant malgré la chaleur de son corps, elle le trouvait plus froid...elle avait plus chaud que lui, peut-être à cause de la plaie mais elle ne pouvait l'affirmer, n'en était pas sûre. N'était plus sûre de rien depuis qu'elle avait assassiné son propre père. Elle était perdue dans un monde où elle n'avait plus d'attaches...mais n'était-ce pas elle qui s'efforçait de briser chacune d'elle ? De ne s'attacher à personne ? L'ironie du sort était belle...mais agaçante. Malgré tout, elle n'avait pas quitté le jeune homme des yeux.
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Chronos Djalweïs
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Jeu 26 Fév - 14:06

Malgré ce qu'on pouvait dire ou penser, Chronos pouvait se montrer gentil, être une personne normale, possédant un cœur. Et même si lui n'y croyait pas, ces gestes le trahissaient. Il pouvait très bien partir sans se soucier de quoi que se soit, mais non, il restait sur place pour aider une jeune femme qu'il ne parvenait pas à comprendre, dont les agissements le laissaient plus perplexe que jamais. Mais c'était peut-être le comportement d'Alecia qui le décida de rester. Elle avait été sympathique avec lui, se serait se montrer ingrat que de la laisser mourir sous un soleil de plomb... Et puis franchement il n'avait pas le temps ni l'envie de réfléchir. Alors qu'après qu'elle se soit relevée trop rapidement, et qu'elle se soit écroulée, le soldat l'avait rattrapée d'un geste souple, vif, qui rouvrit sa propre blessure. Mais il en avait cure. Pour le moment, seule la jeune femme comptait. Il allait s'occuper d'elle, parce qu'il se sentait responsable d'elle et qu'il pensait que c'était de sa faute si elle se retrouvait à présent dans cet état. S'il était resté maître de lui-même, rien de tout ceci ne se serait passé. Mais il n'avait pas le temps de se morfondre, il devait faire quelque chose comme pour se faire pardonner. Et il se mit donc à l'ouvrage, préparant ce qu'il fallait, tentant de faire baisser la température, et raccommodant les chairs, faire en sorte que la plaie cicatrise plus facilement et plus rapidement. Il y avait un autre moyen très efficace, mais il n'avait pas les ustensiles sur lui, sans compter que c'était encore plus douloureux et que cela laissait une cicatrice bien plus grande. Faire chauffer à blanc une tige de métal pour l'appliquer sur les chairs. Rien qu'à cette pensée, le soldat frissonna et secoua la tête. Il préférait éviter cette méthode, il avait déjà "essayé" et ne désirait pas recommencer de si tôt. Le signe qu'il avait reçu de son père était là cuisante et lui rappelait très facilement que ce genre de machin brulant, ça fait mal. Il n'allait pas infliger cela à la jeune femme couchée qui semblait déjà assez mal à l'aise. Nightmare tentait d'être rapide et précis, mais il se rendait compte que parfois, sa main tremblait. Pourquoi? La peur de faire mal? La fatigue? Non, rien de tout cela, c'est pas comme s'il avait peur de faire mal à quelqu'un... Ça ne lui faisait plus rien maintenant... Ça devait être le faite que cette femme ressemblait à sa défunte mère et que cela perturbait le jeune homme. Elles étaient semblables tout en étant très différentes. Il pouvait également percevoir dans son étonnement, la douleur de la jeune femme. Chronos avait apprit à sentir cela, et étrangement, cette fois, ça ne le laissait pas totalement indifférent et fut même content de terminer son "opération."

Il n'allait pas s'occuper de sa propre blessure, il allait juste changer son haut trop imbibé de sang. Pour revenir vers la jeune femme allongée et terminer ce qu'il avait commencé. Il ne fut on ne peut plus surpris lorsque le demoiselle ouvrit les yeux pour les figer dans les siens. Chronos se crispa, comme craignant la réaction d'Alecia, comme un enfant prit en flagrant délit. Mais même si ses muscles étaient figés, son regard et son visage gardaient leur éternelle impassibilité. Il laissa la demoiselle prendre sa main et soutenait le regard de la jeune femme. Pour le moment, il pouvait bien la laisser faire, même si la situation lui paraissait de plus en plus bizarre. Un court silence s'installa et elle le troubla en demandant une unique chose. Qu'il se soigne. Cette femme était vraiment étrange... Alors qu'elle était épuisée et blessée, elle s'inquiétait pour lui... Enfin, Chronos était un peu dans le même cas, il faisait passer Alecia avant lui... Et ce soldat resta là sans bouger, ayant conscience de ce qui l'entourait, de Shad qui s'approchait pour se mettre auprès de sa maîtresse. De ce sourire fatigué qui éclairait le beau visage de la jeune femme. D'un coup le jeune homme se sentit las, lui qui avait espérer vivre seul, voilà qu'il s'attachait inutilement à une femme. Enfin, on pouvait pas vraiment dire qu'il s'était attaché, car il pouvait partir sans demander son reste. Mais... Mais c'était compliqué, il pouvait partir, mais ne le désirait pas vraiment. Cette femme l'intriguait, il voulait mieux la connaitre tout en sachant que dès qu'il y parviendrait, il tenterait de fuir pour ne pas se lier. Telle était sa nature à présent. Ne pas aimer pour ne pas souffrir. Si on ne possède rien, rien ne peut nous faire mal. Il eut soudain envie de bouger de s'éloigner, une peur, une angoisse sourde lui broyant le cœur. Cette crainte de voir à nouveau son entourage mourir par sa faute. Il secoua doucement la tête, faisant un sourire à la jeune femme, un beau sourire mais qui malheureusement n'était pas tellement vrai. IL se pencha sur elle et lui donna un simple baiser sur le front, doux, délicat. On pouvait vraiment se demander comment une telle douceur pouvait émaner d'un être tel que cet homme.


- Moi ça va.


Rien de plus rien de moins. Un mensonge et tout le monde pouvait le deviner. Ça le tirait affreusement, mais il était difficile de soigner ce genre de blessures, sans compter qu'il n'avait pas envie de le faire. Il ne lui restait pas grand chose dans ce qui était objet pour soins de premier secours, et on ne sait jamais ce qui peut arriver. Selon lui, mieux valait attendre. Sa blessure n'était pas trop grave- selon lui comme toujours- et il voulait attendre pour voir si cela ne serait pas plus utile plus tard. Bref, il lâcha la main d'Alécia et se coucha à se côtés, ses longs cheveux blancs reposant au sol comme si une seule tache de neige était venue se poser là. Les bras croisés sous sa nuque, le jeune homme observait la nature, le ciel trop bleu et ces feuilles dont la couleur ressemblait beaucoup trop à celle de ses yeux. Il devait partir, il le sentait, comme un sentiment qui naissait en lui et qui ne cessait de croitre de minutes en minutes. Mais il ne faisait rien. Il attendait. Ou réfléchissait. A tout et à rien, des pensées furtive qui le prenait mais qui ne restait pas bien longtemps. Il avait vécu quasiment toute sa vie comme un paria, un an en tant que fugitif, sept en tant que soldat, et maintenant il commençait une vie de naufragé. Il n'était plus très sûr de la vouloir cette vie. D'un côté vivre comme un homme de la jungle ne le dérangeait pas mais... Mais finalement il le savait très bien, il n'y survivrait pas. Il ne survivrait pas plus des quelques années. Si son corps pouvait être résistant, son esprit lui, ne demandait plus qu'il seul évènement tragique pour se briser. Et Chronos ne voulait pas tellement devenir complètement fou. Peut-être devrait-il partir, et s'enfoncer dans la jungle, cette forêt qu'il avait découverte durant deux journées entière... Trouver un bon endroit pour s'établir et construire une maison. Enfin une cabane. Ça prendrait du temps. Et aussi découvrir les plantes pour savoir les quelles utiliser dans telle ou telle situation. Finalement cela pouvait être amusant de rester ici, seul ou pas seul. Bref, suite à cela, le jeune homme eut une vague idée, pas pour profiter mais simplement parce que c'est ce qu'il jugeait de bien à faire. Il se mit sur le côté et entoura la jeune femme de ses bras. Elle avait encore de la fièvre et là, il allait pouvoir la faire baisser grâce à son propre corps. Rien de mieux... Si au moins ça blessure cessait de l'élancer...
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Alecia Deveria
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Jeu 26 Fév - 16:31

    Le sourire qu'il lui décocha ne la trompa guère, elle voyait bien qu'il s'agissait de la pâle imitation dont il était capable. Si ses lèvres s'étaient étirées en un sourire pouvant paraître beau sur son visage, ce sourire n'atteignit pas ses yeux qui demeurèrent non pas froids mais inexpressifs. Tentait-il d'apaiser son inquiétude ou de lui affirmer qu'il allait bien ? C'était pour le moins curieux car, selon le tableau qu'elle s'était peint de lui, il n'était pas ce genre de personne à rassurer quelqu'un, plutôt à se coucher quelque part et à lui tourner le dos, songeant que l'autre n'avait guère d'intérêt à s'inquiéter pour lui, que ce n'était pas ses affaires. Ce n'était pas une réaction à laquelle elle s'attendait, peut-être à celle qu'il obéisse sans un mot et se contente de s'occuper de sa blessure sans proférer la moindre parole ni chercher plus loin. A ses yeux, il était une personne obéissant davantage à ses instincts et à la nécessité qu'au caprice momentané, sa blessure pouvait se révéler dangereuse et, s'il était comme elle le pensait, il aurait dû s'en occuper depuis longtemps. Parce que cela pouvait menacer sa vie, parce que c'était la meilleure chose à faire, parce que c'était nécessaire. Non pas. Il semblait s'en fiche royalement, se foutre de sa vie comme d'une guigne ou au contraire dédaigner franchement cette douleur qui devait le déchirer...ou était-il habitué à la souffrance ? Elle aurait voulut froncer les sourcils, approfondir ses réflexions afin de comprendre tout cela et de dénicher une réponse potable pouvant satisfaire sa curiosité et apaiser l'essaim de questions qui bourdonnait sous son crâne mais elle n'en fit rien ou plutôt quelque chose d'incongru survint. Il se pencha et, durant un instant, elle cru qu'il allait se contenter de caresser Shad comme il l'avait fait. Cela correspondait au personnage qu'elle avait pensé trouver puisqu'il semblait fort lié à la nature mais une fois de plus elle s'était trompée. Il déposa un doux baiser sur son front, délicat et attentif comme s'il désirait davantage la rassurer ou obéir à une pulsion soudaine. Elle ne comprenait pas. De nouvelles questions se rajoutèrent aux autres, devinrent trop nombreuses, trop bruyantes et pas la moindre possibilité d'y répondre. Et il n'y avait pas de lac mental dans lequel se réfugier afin d'éloigner les questions-abeilles qui la piquaient violemment.

    Ses paroles ne l'étonnèrent pas, elle s'y était attendu et s'apprêtait d'ailleurs à répliquer, à lui demander de le faire mais il agit et, une fois de plus, se tut afin d'étudier ses gestes, de l'observer. Elle voulait le comprendre mais peut-être qu'un mystère irrésolu est toujours plus attrayant quand il n'est justement pas résolu ? D'un autre côté elle ne voulait pas qu'il soit attrayant, pas qu'il la fascine, cela ne devait pas être sinon elle rejoindre le piège que son propre caractère désirait lui tendre. Elle finirait happée par le désire de le connaître et finirait enferme dans sa curiosité, un piège rudimentaire mais qui ne manquait jamais ou en tout cas que très rarement. Elle ne devait pas obéir à son envie au risque de finir par s'attacher à ce type, ne devait pas se laisser faire...Elle ne le quitta pas des yeux lorsqu'il se libéra de sa main pour s'allonger à côté d'elle, ses longs cheveux d'un blanc lumineux s'étalant autour de lui en une longue tresse parfois ponctuée de brins d'herbe et peut-être de grains de sable mais elle n'aurait su s'y attarder plus longtemps afin de le découvrir. Il avait vraiment de long cheveux, c'était plutôt inhabituel pour un homme mais étrangement cela n'était pas étrange, au contraire...c'était justement parce que c'était étrange que ce n'était pas étonnant. Ce jeune homme qui se trouvait là était étrange dans son seul comportement alors pourquoi son apparence ne reflèterait pas la bizarrerie dont il était victime ? Elle remonta la rivière lumineuse de ses cheveux pour rejoindre son visage dont les yeux d'un vert émeraude semblaient fixés sur la voûte céleste comme pour y découvrir les réponses à des questions muettes. Il réfléchissait sans doute, son regard le disait pour lui, son immobilité aussi...à moins qu'il ne pense justement pas, se contentant de détailler le monde de son regard impassible mais il était plutôt du genre à réfléchir, pensant à diverses choses, des détails qu'il devrait résoudre. Elle ne pouvait affirmer davantage, ne saurait dire si ce à quoi il songeait lui était dur, triste, gênant ou autre car il était toujours aussi inexpressif. Son regard tomba à nouveau sur la cascade blanche de sa chevelure et songea que les siens, aussi noirs qu'une nuit sans lune, était une parfaite contradiction à la sienne. Lui était d'une beauté lumineuse que l'expression de son visage rendait froide comme de la glace, elle, était une beauté presque sombre avec ses cheveux d'un noir de jais, ses yeux tout aussi noir juste ponctués de pigments dorés, la peau dorée, une sombre beauté dont l'expression de son visage rendait douce et chaleureuse. Ils étaient deux faces d'une même pièce d'une certaine façon.

    Cela la fit sourire, expression de son visage qui devint interrogation lorsqu'il se tourna sur le côté, l'attirant à lui comme pour la serrer dans ses bras. Ce qu'il fit. Il la serra contre lui, pas fort au contraire plutôt avec douceur et, étrangement, elle ne fit rien pour se dégager, se laissa faire sans rien dire. C'était curieux cette émotion qui l'étreignait brusquement. Cela n'avait rien de la joie que l'on ressent lorsqu'un garçon étreint une fille, ni de la gêne dans une même situation, c'était une chape de tristesse et de souvenir qui s'abattait sur elle comme si la plaque sur laquelle elle était en équilibre précaire venait de se casser royalement la figure. Comme cette nuit où elle était sur le bord de la falaise mais sans que, cette fois-ci, cela ne soit désiré. Elle était en équilibre et menaçait à chaque instant de sombrer dans les eaux sombres sous le coup d'un souvenir, il ne tenait qu'à elle de faire un pas en avant et de retrouver un chemin droit, dépourvu de falaise et d'escarpement mais elle restait là. Elle ne voulait pas oublier, n'ayant pas conscience que même en avançant elle n'oublierait pas mais elle se tiendrait loin du danger.
    Le fait qu'il l'étreigne sans que cela ne signifie le moindre sentiment, que ce soit plus par nécessité que par amitié ou autre venait de la frapper comme une flèche...ou pire. Elle savait que c'était plutôt pour apaiser la fièvre qui l'avait soudainement étreinte mais cela lui rappelait son propre père. Celui-ci avait l'habitude de lui offrir son amour juste parce qu'elle en avait besoin et parce que, malgré tout, il l'aimait un peu. En faite, il l'aimait de tout son cœur, ou du moins de ce qu'il en restait mais pas assez pour qu'elle ne le remarque pas. Son père l'avait aimée parce qu'elle ressemblait un tant soit peu à sa défunte mère, l'avait aimée parce qu'après tout elle était sa fille mais il se languissait de mourir et elle lui avait offert ce qu'il désirait depuis toujours mais elle en souffrait comme une plaie béante qui ne cessait de la faire souffrir, parfois plus, parfois moins.

    Sa gorge se serra et ses yeux lui piquèrent aussitôt que le souvenir revint à la surface telle une bulle d'air dans un lac d'eau. Elle enfouit son visage dans le cou du jeune homme et se blottit contre lui, tentant de réprimer les sanglots qui montaient lentement mais sûrement. Trop sûrement à son goût. Les larmes roulèrent sur ses joues, malgré tout elle fit en sorte qu'il ne s'en rendisse pas compte, cela lui paraîtrait trop étrange mais ce fut peine perdue. Ses épaules étaient secouées par les sanglots, sa respiration saccadée quoique silencieuse, son père lui manquait affreusement. Même s'il n'avait jamais été lui-même dans son intégrité elle s'était attachée à lui, comment ne le pouvait-on pas ? Il était beau, gentil et attentionné...le seul problème avait été que son cœur était mort en même temps que sa femme. Il n'avait plus été capable d'aimer et tout l'affection dont il était encore capable avait été dirigé vers elle, il lui manquait, tellement. Voilà pourquoi elle ne voulait plus s'attacher à qui que ce soit, c'était trop douloureux encore maintenant, après toutes ces années. Sanglots irrépressibles. Elle voulut résister. N'y parvint pas. Se contenta d'enfouir encore un peu plus son visage afin de ne pas montrer ses larmes même si elles étaient évidentes. C'était soudain pourtant elle parvint à se calmer alors qu'elle était persuadée que c'était impossible, ses larmes coulèrent durant plusieurs minutes avant qu'elles ne cessent d'un coup. Elles roulaient toujours sur ses joues mais elles étaient silencieuses. D'un revers de la main, elle les essuyé puis la glissa dans le dos de Yahwë dans un mouvement relativement lent afin de toucher les alentours de la blessure, comme pour montrer qu'elle ne l'avait pas oublier.


    - Tu devrais vraiment t'en occuper, si tu veux je le fais.

    Sa fièvre n'était pas passée, c'était plutôt amplifiée à cause de ses pleurs mais elle s'en fichait ou plutôt préférait mettre son mal en patience et se concentrer sur quelque chose de plus important. Étrangement, après la tristesse elle ressentait un peu de plaisir à être tenue dans ses bras même si ce n'était que pour une raison pratique, c'était rassurant. Elle se redressa légèrement, quittant les bras du jeune homme presque à regret mais la nécessité prévalait sur le reste, il devait s'occuper de sa blessure et elle le savait mieux que quiconque. Son regard d'un noir pigmenté d'or se posa sur le jeune homme, le regardant avec sympathie, sentiment légèrement masqué par la fièvre qui marquait son regard bien malgré elle.

    - Merci...ça m'a fait du bien.
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Chronos Djalweïs
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Jeu 26 Fév - 18:17

Sur cette île où la chance de trouver un être humain était improbable, le destin venait de prouver au jeune soldat que finalement le mot impossible n'existait pas. Autre âme en peine, perdue, errait sans but précis dans ce milieu à première vue hostile. Ces deux personnes s'étaient rencontrées et discutaient, ou plutôt, l'une faisait la conversation et l'autre ne répondait que lorsqu'elle y était obligée. Deux âmes qui se liaient sans le vouloir, comme attirées par quelque chose qui les dépassait. Ils auraient pu s'en aller maintes et maintes fois, partir sans se retourner et laisser l'autre dans sa merde, mais ils ne le faisaient pas. Comme si la compagnie de l'autre était indispensable pour évacuer un trop plein de peur, cette peur de solitude qu'aucun ne voulait avouer, ce besoin de compagnie qui les réduisait à l'état... D'être humain. Race faite pour vivre en communauté et eux deux, avaient décidés de fuir cette vie, mais quand la compagnie arrivait, pour peu qu'elle soit un minimum agréable et inoffensive, ils ne crachaient pas dessus. Comme le mensonge s'était installé dans leurs cœurs, encrée et désireuse de rester dans ce petit coin chaud. Duperie était devenu le maître mot du jeune homme, habitué et élevé depuis sa plus tendre enfance à mentir au monde entier et à lui-même, cette pratique était devenue habituelle, il la pratiquait sans plus s'en rendre compte, ses sentiments, il les avaient enfui en lui profondément, désireux de ne plus avoir une quelconque émotion. Mais il n'était pas un robot, chaque évènement, chaque moment lui prouvait qu'il était vivant, humain, il sentait en lui les envies, la tristesse, toutes les émotions qu'il s'efforçait de garder enfuies, loin, très loin au fond de son être souillé. Il y parvenait aujourd'hui sans trop de mal. Mais là, en cet instant, toutes ses bases s'écroulaient une à une, tout ce en quoi il avait toujours cru, son éducation, cette femme détruisait tout sans même s'en rendre compte. D'une simple curiosité, d'une gentillesse incroyable avec lui, l' inconnu, prévenante. Une beauté qui vous effleurait, s'arrêtait pour vous charmer et vous connaître, cherchant vos secrets pour mieux vous comprendre. Cette beauté était à présent devant lui, et s'il ne se laissait pas vraiment charmer, même s'il ne se dévoilait pas par la parole, il se rendait bien compte que cette femme parvenait à le garder dans ses filets. Chronos était prit au piège. Il sentait sa volonté vaciller. Il se croyait encore capable de partir et de la laisser moisir là, mais... D'un certain côté, il pouvait le faire, mais au plus il restait là, plus il réduisait ses chances. Et il n'avait pas envie de bouger. Il préférait rester là, à s'occuper de cette femme intrigante, cette demoiselle qui ressemblait à un souvenir douloureux d'un passé qu'on préférait oublier. Cette femme méritait qu'on la soigne et la chérisse. Et Chronos ne savait faire qu'une seule chose dans ces deux solutions.

Il l'avait soignée, avec la délicatesse qui en aurait fait douter plus d'un. Une douceur presque impossible à croire quand on le connaissait, ou plutôt quand on savait ce qu'il avait fait. En fait, il c'était montrer dès le départ d'une froideur extrême et d'une gentillesse toute aussi grande. Et encore maintenant, alors que sa tâche était terminée, alors qu'il avait mal, alors qu'il pouvait partir, il restait là, aux côtés d'Alecia. Il la regardait dans les yeux, mains dans la main. Et lui, après avoir murmuré quelques mots, comme s'il désirait la rassurer, avait posé un simple baiser sur un front chaud. Et il c'était couché là, sans demander que que se soit. Pour rester près d'elle et surtout pour ne plus bouger. Réfléchir pour occulté un sentiment dont il pouvait se passer. La douleur. Celle qui lui étreignait non seulement le cœur mais aussi l'omoplate. S'il réussissait à la noyer ce fut à grand renfort de pensées et de questions, d'indifférence en ce qui concernait sa propre existence. Il devait continuer de veiller sur la demoiselle. Elle avait encore de la fièvre. Et donc autant partager ce surplus de chaleur. Chronos n'avait pas de fièvre, ou pas pour le moment en tout cas, alors autant qu'il utilise son corps pour aider. Il entoura la demoiselle de ses bras, délicatement, mais rien dans ses gestes ne laissait percevoir un quelconque sentiment. Il faisait cela par nécessité. Parce qu'il serait bête que tout le mal qu'il s'était donné, ait été fait pour rien. Cela pouvait être cruel, mais quand c'était Nightmare qui le faisait, on ne pouvait pas s'attendre à autre chose. Par contre... C'est lui qui fut étonné quand des bras se serrèrent contre lui, comme cherchant du réconfort. Et si Alecia tentait de ne rien montrer, Chronos était tout à fait conscient de la détresse dont elle était victime. Et lui, il ne faisait rien d'autre que de raffermir son étreinte. Il ne pouvait rien dire, chaque mot qui sortirait des ses lèvres, risquaient de faire plus de mal que de bien, sans compter que lui-même souffrait trop que pour consoler un cœur en pleur. Sa présence seule pouvait être suffisante, une étreinte qui montrait à la jeune femme qu'elle n'était pas seule et qu'il... Compatissait un minimum. Compatir. Etait-ce le bon mot? Non, il la comprenait, quel que se le mal dont elle souffrait. Chronos pouvait comprendre les douleurs et les craintes qui étreignaient les âmes des gens. Lui, il était passé à travers tant de chose qu'il pouvait comprendre. Il comprenait et pouvait se montrer un peu compatissant, mais la pitié ne faisait pas partie de lui et consoler, il en était incapable. Peut-être fallait-il qu'il guérisse ses propres blessures internes pour qu'il y parvienne. Mais elles étaient trop profonde et trop nombreuse pour qu'il y parvienne tout seul, et jamais il ne laissera quiconque l'approcher assez pour qu'on l'aide. Un enfant perdu qui a grandit trop vite, un jeune adulte devenu assassin, meurtrier, qui n'a pas eut d'enfance... Comment lui demander des choses que l'on a même pas prit la peine de lui montrer ou de lui inculquer? Il devait trouver certains sentiments tout seul... Et ce n'était pas chose facile. Là, il découvrait que le mot gentillesse pouvait aussi être employée et utilisée pour lui. Et il apprenait à rendre la pareille.

Mais elle... Malgré les larmes qui perlaient le long de ses joue, trouva la force de s'inquiéter encore pour lui. Touchant, enfin effleurant le côté de sa blessure. Et alors que sa voix s'élevait, tout le corps du soldat se tendit. Même les alentours de sa blessure lui faisait mal. Lui brûlait. Il s'en était occupé sommairement quand il l'avait reçue, mais là... Il se rendait compte que cela ne servait à rien s'il n'y faisait pas attention immédiatement. Mais il ne pouvait pas. Ou ne voulait pas? Sans doute les deux. Et lorsqu'elle se dégagea, il ne fit rien pour l'arrêter. Elle faisait ce qu'elle voulait après tout. Et à son remerciement, il leva la main comme pour dire qu'il ne fallait pas et que cela avait été naturel. Même si a la base ce n'était pas pour servir de "coussin" consolateur. Et malgré tout ce qui venait de se passer, il ne bougea pas plus, montrant ainsi son refus de se faire soigner. Obstiné, il ne changerait probablement pas d'avis de si tôt. Il savait mieux que personne, que cela pouvait être dangereux, que dans le pire des cas, il pouvait en mourir, mais qui le pleurerait? Ça mort ne ferait que soulager le monde. Mais même s'il pensait cela, jamais il n'avait essayé de mettre fin à ses jours.


- Vous ne devriez pas vous inquiéter pour mon sort. Je suis résistant mine de rien.

Il se redressa et fit un petit sourire, comme pour la rassurer. Jambes croisées, le dos légèrement voûté, il ne désirait pas plus que cela se faire soigner... Ni enlever son haut pour dévoila aux yeux d'une personne qui semblait être une perfection, son corps abîmé et marqué par les stigmates d'un passé tourmenté. Montrer qu'il avait été marqué et presque torturé... Jamais. S'il ne faisait pas attention à son corps, il ne désirait pas non plus l'exposer. Comme une peur d'enfant qui ne veut pas qu'on le juge. Pour lui chaque marque, tatouage et cicatrices, était comme une punition pour ce qu'il avait jadis fait. Et il savait aussi que s'il ne faisait rien sa plaie allait elle-même s'infecter. Et il savait que l'infection était encore plus douloureuse. ET sa blessure étant dans un endroit inaccessible ou presque pour lui... Soit il acceptait l'aide maintenant soit il allait souffrir le martyre dans quelques jours si pas quelques heures. Il hésita un court instant avant de faire ce qu'il répugnait. Il enleva son tee-shirt et fixa la jeune femme.

- S'il vous plait.

Il n'allait rien demander de plus. Ses gestes étaient assez explicitent comme ça. Sans compter qu'il ne voulait toujours pas parler plus. Et qu'il avait dû se faire violence pour accepter l'aider proposée.
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Alecia Deveria
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Jeu 26 Fév - 20:08

    Il semblait réticent à l'idée de se laisser soigner, d'un autre côté elle se sentait redevable même si c'était une excuse pour dire qu'elle désirait juste l'aider du mieux qu'elle pouvait. Il est des âmes torturées qu'un simple regard convainc à les aider. Alecia trouvait que lui, ce jeune homme juste là, avait l'allure d'un martyr silencieux, qui taisait ses blessures, qui ignorait les hurlements de son cœur, qui se détournait de son corps et de son âme pour se fondre dans une existence où tout se pare de gris et dont le goût est fade. Il était de ces gens qui traversaient une existence sans la voir, qui ne savaient ce qui les entouraient ou alors avaient oublié ce qu'était que vivre, pour de bon, pour de vrai. Elle le voyait non seulement à l'impassibilité dont il faisait preuve, à son côté peu loquace et surtout au peu de cas qu'il faisait de son propre corps, elle n'avait pas sentit les tremblements de son corps lorsqu'il l'avait retenue alors qu'elle tombait, en revanche elle voyait bien qu'il n'avait pas l'allure d'une personne mangeant correctement...dire qu'il ne mangeait pas à sa faim serait une erreur : ressentait-il seulement la faim ? Les gens qui cessaient de vivre comme des humains à défaut de se considérer comme tel finissent par ignorer ce que clame leur corps, ce n'était pas une chose qu'elle ignorait. Elle-même avait sombré dans la dépression durant plusieurs jours, semaines et peut-être même quelques mois peu après la mort de son père. Malgré son affection pour la nature, son plaisir de vivre sauvagement, peut-être seulement dire que vivre seule et abandonnée peut être agréable ? Pas au début en tout cas, pas après avoir tué un être cher, pas après avoir perdu tous ses repères. Qu'avait-il vécu pour sombrer dans cet état qui semblait permanent ? Ou tout du moins il lui semblait qu'il était resté ainsi longtemps, plus que de raison, trop pour redevenir normal sans l'aide de quelqu'un.

    Elle se mit à genoux, reposant ses fesses sur ses talons et observant attentivement la réaction du jeune homme. A ses paroles de remerciements, il s'était contenté de lever la main comme pour lui intimer le silence, lui signifier sans avoir à parler que c'était inutile. Cela ne l'étonna pas réellement en réalité, elle s'y attendait presque comme lorsqu'il l'avait aidée au tout départ, lorsqu'il était entré dans la clairière, ce qui ne remonté à pas si longtemps que cela en réalité...pas longtemps du tout même...pourtant la course du soleil démontrait que cela faisait plus d'une heure, beaucoup plus même, sans doute, elle n'était guère capable de le dire avec précision. La percée dans le feuillage des arbres était trop étroite pour lui permettre une estimation correcte ou précise. Une fois de plus il ne l'étonna guère en restant immobile, assit à son tour sans bouger, montrant clairement qu'il n'avait pas réellement l'intention de se soigner. Dût-elle le faire par la force, elle essaierait...tout en sachant qu'elle n'y parviendrait sans doute pas. Avait-il une raison particulière de ne pas vouloir se soigner ? Désirait-il la mort ? Était-il si atteint qu'il désirât la mort ? Elle ne pouvait comprendre ce genre de chose, aimait trop la vie pour s'en passer même si elle la passait seule et loin de tout, même si elle devait troquer une vie joyeuse en société contre une vie de vagabondage en forêt. Il ouvrit la bouche, parla d'une phrase anormalement longue, plus longue que les précédentes ou alors égale à quelques-unes. Il lui disait qu'elle ferait mieux de ne pas s'inquiéter pour lui, qu'il était résistant. Cette remarque lui tira un sourire, non pas joyeux ou autre mais autre chose puis elle ouvrit la bouche à son tour :


    - Ton esprit peut-être mais ton corps l'est moins.

    *Et tu devrais t'alimenter mieux si tu veux être plus résistant comme tu l'affirmes..*

    Elle poussa un long soupire et s'apprêtait à faire un mouvement dans sa direction lorsqu'un détail attira son attention. Il semblait hésiter. Peser le pour et le contre d'un fait qui lui échappait ou qui, au contraire, était une réponse à sa demande. Puis, lentement, il retira son haut comme s'il allait s'en occuper enfin mais, d'un autre côté, la plaie était située à un endroit inaccessible pour lui, peut-être était-ce pour cette raison qu'il avait eut beaucoup de difficulté à accepter que l'on s'occupe de lui. Avait-il quelque chose à cacher ? Lorsqu'il ôta son haut, elle comprit que c'était bel et bien cela qui l'avait empêché de la laisser s'en occuper. De nombreuses cicatrices marquaient son corps comme les stigmates d'un passé tourmenté, jamais elle n'aurait cru pareille chose et cela la révulsa, l'indigna profondément. Comment pouvait-on se conduire de cette façon avec un autre être humain ? Les blessures de son corps étaient-elles à la hauteur de celles de son âme ? L'étaient-elles plus ou moins ? La réponse lui faisait peur et elle frémit d'une colère contenue qui passa dans son regard. Elle ne tenta pas de la calmer ni de la masquer, si quelqu'un avait eut l'audace de se conduire ainsi avec elle...elle aimerait bien croire qu'elle se rebellerait, qu'elle lui ferait regretté d'être né mais...en aurait-elle seulement la force ? Il était aisé de présumer, de dire que l'on agirait comme ci ou comme ça si jamais cela venait à se produire mais...une fois devant le fait accompli ce n'est plus la même chose. Il était marqué de quelques tatouage, un autour de son cou qu'elle pouvait dorénavant voir mieux qu'avant, un autre sur son biceps mais c'était les cicatrices qui le marquaient et qui la faisait grincer des dents. Elle ravala sa colère et les questions qu'elle aurait aimé posé et se glissa dans son dos afin de pouvoir s'occuper de son cas. Elle tira le sac jusqu'à elle, grimaçant lorsque la tension de son bras tirailla sa propre blessure.

    Agenouillée derrière lui, elle ne put s'empêcher de détailler son dos, de remarquer de nouvelles choses petit à petit. Personne ne méritait ça ! Elle en avait les larmes aux yeux, elle était loin de ressentir de la pitié en revanche elle ressentait une vive colère, colère plus intense que tout ce qu'elle avait ressentit jusque là. Sur son omoplate droite se trouvait une brûlure dont l'apparence pour le moins curieuse apaisa un moment sa colère : un huit couché, synonyme d'éternité...qu'est-ce que cela pouvait signifier ? Son doigt glissa le long d'une cicatrice blanche parcourant son dos, ressentant le froid de sa peau et l'irrégularité de la marque blanchâtre. La bêtise humaine était à la hauteur de sa cruauté : immense. Cela la révoltait plus que tout mais elle se mit au travail avec conscience et précaution, attentive à lui éviter toute douleur inutile et à se montrer d'une douceur incomparable. Elle passa un tissu propre sur la blessure, la nettoya doucement et appliqua un tissu imbibé d'eau fraîche afin d'endormir les lèvres de la plaie car, tout comme ce qu'il avait fait, elle avait l'intention de le recoudre malgré sa peur. Terreur n'était-il pas le bon mot ? Elle ferma les yeux un instant et s'empara de son courage à deux mains, prit l'aiguille et y passa le fil après avoir de nouveau désinfecté la plaie. Elle se mit au travail, sachant que toute la douceur du monde serait inutile à lui éviter la douleur mais que c'était mieux que rien. Loin d'aller le plus lentement possible ce qui aurait signifié davantage de douleur pour plus de temps, elle allait vite mais le faisait bien. L'aiguille passait dans les chairs à la perfection, le fil rapprochait les lèvres de la plaie, les unissait pour permettre une cicatrisation plus rapide. C'était l'idéal. Elle y passa plusieurs minutes, y apportant toute l'attention dont elle était capable malgré la fièvre qui la ravageait encore mais qui, petit à petit, baissait d'intensité. Elle fit un dernier point, fit un nœud puis appliqua le même onguent dont il s'était servit pour elle et attrapa un bandage, ne sachant si une compresse suffirait ou si, simplement, il y avait du sparadrap dedans encore adhésif. Elle finit le tout mais resta immobile, toujours derrière lui. Elle n'avait pas posé une seule question, n'avait pas proféré la moindre interrogation quant à toutes ces marques qu'il portait, plus par respect pour lui que par dégoût. Les personnes victimes de ce genre de choses ne désiraient généralement pas en parler et s'il avait tant hésité à lui permettre de l'aider ce n'était pas pour rien, il en avait certainement honte. Elle resta derrière lui et entoura son torse de ses bras pour poser son front dans le creux de son cou. Elle ne dit rien, une fois de plus, se contentant du silence. Le silence valait mille paroles et des années de conversations, aussi se contenta-t-elle de se taire. De continuer à le tenir contre elle comme lui l'avait fait lorsqu'elle s'était mise à pleurer, le serrant contre elle avec douceur comme pour lui dire qu'elle était là...même si d'un autre côté elle redoutait qu'il comprît cela. Elle ne désirait se lier avec personne mais plus le temps passait plus elle voulait le connaître. C'était une erreur...elle le savait mais ne parvenait pas à considérer cela ainsi.
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Chronos Djalweïs
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Ven 27 Fév - 13:20

Cauchemar gravé dans les mémoires, homme détesté avant sa naissance, éduqué comme s'il n'était qu'une chose n'ayant aucun sentiment. Ou plutôt s'étant forcé à ne pas en avoir. Cauchemar perdu... Dans un cauchemar. Seul, incapable de trouver la lumière, et surtout ne sachant pas s'il voulait la trouver. La solitude était devenue son amie, fidèle et toujours là dans les besoins, elle au moins ne trahissait pas et ne lui enfonçait pas de poignard dès qu'il avait le dos tourné. Même s'il y avait des gens près de lui, jamais Chronos ne s'était vraiment sentit accompagné, certes cela arrivait parfois, dans certaines situations, certains moments privilégiés, mais cela ne durait jamais très longtemps, hélas. Et cette fois, il n'arrivait pas à se décider entre: "je suis seul" ou "J'ai quelqu'un." Et son comportement ne permettait pas de savoir quel choix il prenait. Il aidait la jeune femme sans rien attendre en retour, comme si c'était naturel. Mais le fait était que lui-même ne désirait pas être aider. Malgré sa blessure qui tirait et lui faisait mal, il refusait tout soins. Pour une fierté mal placée? Oui, mais pas que cela, c'était secondaire d'ailleurs, la vraie raison était qu'il n'avait pas envie qu'Alecia puisse voir son corps torturé. Si lui s'était pleinement accepté, il connaissait parfaitement les réactions des autres en le voyant. Ce n'était pas laid, ni-même repoussant, malgré le nombre, il savait qu'il restait attirant, mais... La majorité des personnes s'insurgeaient ou refusaient de l'approcher voyant en lui un danger. Ils n'avaient pas tort... Et en plus d'être dangereux, il était résistant. Quoi qu'en dise la demoiselle. L'esprit domine la matière. S'il n'avait pas mal dans son esprit, son corps pouvait suivre. Le tout était de se persuader d'aller bien, ce qui était difficile. Mais il y parvenait en enfermant toute sensation, toute émotion. Ayant finalement enlevé son haut, demandant de l'aide et mettant de côté tout ce qui aurait pu l'en empêcher, il regarda la jeune femme et ce qui passait dans ses prunelles sombres: Révulsion, indignation, rébellion. Tant de chose que Nightmare ne comprenait pas. Il savait que cela n'était pas dirigé vers lui, mais plutôt vers ceux qui l'avait fait. Alecia était véritablement surprenant. Elle n'avait pas pitié, elle était simplement et purement en colère. Sentiment qu'elle cachait mais qui était tellement visible dans ses yeux. Pour peu et Chronos allait parler pour lui dire de ne pas se mettre dans cet état. Mais il ne le fit pas. Il ne voulait pas répondre à des questions, ni même s'éterniser ainsi. S'il acceptait l'aide, c'était pour ne pas avoir de problèmes plus tard. Instinct de survie. Quelque chose lui disait qu'il devait se soigner maintenant.

Lorsqu'elle se glissa derrière lui, Nightmare se tendit imperceptiblement, mais il tentait de se relaxer, chose incroyablement difficile pour lui, qui n'avait guère l'habitude de demander à quelqu'un de le soigner. De plus il était à présent terriblement mal à l'aise. Son dos était en mauvais état. Sans doute plus que son torse. Des cicatrices fines et presque invisible, mais si on regardait bien, il était aisé de savoir ce qui avait fait cela. Lame, cuire... Fouet. Un père qui s'amuse à punir ceux qui ne font pas correctement ce qu'il dit. Père qui à marqué la chair de son fils en une marque éternelle. Le dos toujours courbé, le jeune homme attendait patiemment qu'elle commence, qu'elle ne s'attarde pas, mais peine perdue. Le huit attirait comme un aimant. Et lorsqu'il sentit des doigts se poser sur cette ancienne plais, simple effleurement qui pourtant le fit se redresser, le dos à présent droit, comme pour essayer de se soustraire à se toucher, comme pour montrer que cela le dérangeait. Affreusement. Et la suite ne lui plaisait pas beaucoup plus. Elle allait commencer. Et après un temps indéfini, Chronos sentit l'aiguille entrer dans ses chairs. Sentir le fil glisser, le petite tige de métal perforer la peau pour rapprocher les lèvres... C'était une sensation qu'il ne supportait pas. N'étant pas endormi dans cette opération, il savait parfaitement ce que faisait Alecia, et même si elle se montrait douce et rapide, même si elle avait un tout petit peu anesthésié localement, le soldat ne voulait qu'une chose: que cela se termine. Il allait vraiment péter un câble, s'il n'avait pas peur des aiguilles, il ne les portaient pas dans son cœur. Elles avaient trop souvent pénétrer ses chairs et donc étaient synonyme de nouvelles souffrances. D'ailleurs ça ne faisait pas du bien. Lui qui est résistant à la douleur ne pu même pas retenir le gémissement qui franchit ses lèvres fines. Tête baissée, les yeux fermés, il se concentrait sur autre chose. C'était le seul moyen pour qu'il ne pense pas à ce que faisait la jeune femme dans son dos. Et heureusement pour lui, cela fonctionna un minimum, s'enfoncer dans un autre monde, tant et si bien que lorsque cela fut terminé, il ne s'en rendit même pas compte. Il n'en prit conscience que quand Alecia la prit dans ses bras, dans une étreinte qui paralysa le soldat. Cette étreinte était faite pour dire qu'il n'était pas seul, comme si quelqu'un en ce monde compatissait et désirait le comprendre. Cette Beauté qui s'arrête et vous illumine, tentant de vous aider et de vous éloigner des ténèbres. Mais là Chronos était trop enfoncé, il ne parvenait pas à apprécier ce que faisait Alecia. La chaleur humaine, quand elle était utilisée ainsi, cela lui faisait peur. Oui, peur. Nightmare pouvait avoir peur. Il possédait des craintes irraisonnées, des peurs d'enfant qui jamais ne le quitteront. Les secondes passèrent et Chronos parvint à se détendre légèrement, voyant que finalement elle ne faisait rien d'autre que de la serrer dans ses bras. Mais il n'aimait toujours pas cela. Pas qu'il craignait qu'Alicia le blesse, mais plutôt un souvenir qui l'avait marqué plus qu'il ne le voulait. Mais à nouveau il ne fit rien pour se dégager. Il attendit encore un moment, puis il repoussa doucement la jeune femme, un geste doux comme pour lui démontrer qu'il lui était reconnaissant. Malgré tout ce qu'il pouvait dire ou penser, il était à présent apaisé. Il se retourna pour plonger ses yeux émeraudes aux éclats d'or dans le regard si sombre de la jeune femme. Il voulait parler, mais il n'arrivait pas à choisir les mots corrects, il n'arrivait pas à mettre la main sur les expressions qui auraient pu traduire ses sentiments. Parce qu'en ce moment il en avait. Alors avec son regard clair, il fit comprendre à Alecia qu'il lui était reconnaissant mais surtout, qu'elle ne devait pas s'en faire pour lui.

Et ceci fait, il brisa la liaison et remit son haut d'un mouvement étrangement souple pour quelqu'un qui venait de se faire recoudre. Ça lui faisait toujours mal, ça tirait, mais rien d'insupportable. L'habitude de ressentir cela. Et à cette pensée, le jeune homme frissonna. Comment pouvait-il penser ainsi? Comment pouvait-il dire si simplement qu'il s'était habitué à être blessé et a connaître la souffrance? Il porta sa paume à son visage, dans le désir de le cacher, comme un monstre qui voudrait disparaître pour alléger le monde. Ce qu'il y avait de plus dur à imaginer pour un être humain, c'est que sa présence n'est pas désirée, qu'il est un poids. Et chronos pensait cela, en plus de n'avoir pas encre trouver de raison valable pour vivre. Il se contentait d'être la et de bouger parce qu'il le fallait, il mangeait ce qu'il fallait pour ne pas mourir de faim, il se défendait, mais c'est tout. Il survivait. Comme il avait toujours fait.


- Je... Je dois me reposer. Tu... Vous devriez faire pareil. On arrive aux heures chaudes, et dans notre état, le sommeil ne peut que être bienfaiteur.
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Alecia Deveria
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Ven 27 Fév - 17:53

    Son étreinte l'avait fait réagir d'une curieuse manière. Il s'était tendu de façon si perceptible que s'en était étrange tout comme le fait qu'il se soit brusquement redressé alors qu'elle glissait son doigt sur la bosse d'une cicatrice de son dos. Elle aurait voulut rester comme ça, fermer les yeux, toujours appuyée contre lui, et s'endormir tranquillement. La fièvre aidant, elle aurait put le faire sans problème, s'endormir, fermer les yeux, sombrer dans un sommeil comateux qui lui permettrait de reconstituer ses forces. Mais il n'y avait pas que la fièvre, étrangement malgré le danger mortel qui semblait émaner du jeune homme, elle se sentait rassurée avec lui. Fait qui aurait dû l'alarmer mais cela n'arriva pas, elle se contenta de se poser une nouvelle myriade de questions. Qui n'en finissaient désormais plus. Était-il à ce point touché que même les contacts humains le révulseraient ? Sauf lorsque c'était lui qui les faisait puisque, étrangement, il ne s'était pas sentit si ennuyé lorsqu'il l'avait prise dans ses bras même si, à ce moment là, c'était davantage pour l'aider que pour autre chose. Cet homme était donc profondément touché, plus qu'il n'y paraissait et les cicatrices qui marquaient son corps tels les stigmates d'un passé tourmenté ne laissaient rien présumer, tout n'était que certitude. Certaines marques étaient entrelacées comme les marques d'un fouet : soit il s'agissait d'une punition comme il en était administré au moyen-âge, soit son père était particulièrement violent, il y avait beaucoup d'autres explications mais elle retint ces deux là tout en gardant les autres à l'esprit. Il y avait beaucoup de questions auxquelles elle n'aurait de réponse si elle n'avait pas l'audace de lui poser les questions qui y correspondaient mais il était mieux de se taire, elle en était convaincu. Ce personnage qu'elle tenait contre elle comme pour le rassurer suscitait tant de question, tant de curiosité que s'en était encore plus intriguant. Qu'est-ce qui faisait qu'il attirât son attention à ce point ? Pourquoi l'intriguait-il ainsi ? Ce n'était pas normal, cela devrait l'inquiéter mais elle ne pouvait se séparer des questions qui revenaient inlassablement. Elle parvenait à en faire abstraction mais sa curiosité dévorante était difficile à contenir même s'il n'en paraissait rien.

    D'un geste délicat, attentif à ne pas être brusque ou autre, il se dégagea de son étreinte puis se tournant vers elle, semblant réfléchir aux mots à employer pour traduire quelque chose. Il peinait à s'exprimer comme une machine trop longtemps restée immobile tentant de se remettre trop soudainement en marche. Les émotions qu'elle voyait dans son regard ne parvenaient pas jusqu'à ses mots, il ne savait plus s'exprimer de cette manière là. Il était rouillé, ne tenait qu'à lui de soigner les rouages de cette machine mais il aurait besoin de quelqu'un, elle le savait. Elle aurait aimé être cette personne, le désirait ardemment, mais craignait trop de choses pour se le permettre. Elle se contenta de sourire au regard reconnaissant qu'il lui lança, reconnaissance et assurance, comme pour lui dire que tout allait bien. Elle en doutait mais fit comme il le désirait, ne dit rien, n'ajouta pas un mot et se contenta de l'observer faire tandis qu'il remettait son haut dans un mouvement souple comme si son corps était dépourvu de blessure, comme si tout allait bien. Une fois de plus elle ne fit aucune commentaire. Comme un peu plus tôt, il lui tournait le dos tandis qu'une nouvelle pensait l'étreignait et dû le toucher plus fort qu'une autre car il porta sa main à son visage comme pour le dissimuler. Par honte ? Elle n'aurait sut le dire mais elle se déplaça légèrement afin de ne pas avoir son dos comme seul horizon. Il semblait perturbé puis, sans bouger, sans ôter la main de son visage, il prit la parole. Bafouillant, butant sur les mots comme un enfant l'aurait fait alors qu'il apprenait encore à parler. Était-ce que qu'il était en réalité ? Un enfant ? Cela y ressemblait bien. Tout comme eux il peinait à s'exprimer, d'un autre côté il était bien plus adulte qu'il n'y paraissait et derrière son masque d'impassibilité elle devinait une grande détresse et sans le moindre doute beaucoup de peur. Elle sourit à nouveau à ses paroles puis, gentille et délicate, elle attrapa doucement la main du jeune homme qu'il avait plaqué sur son visage puis, la tirant doucement afin de l'écarter de son visage, elle s'allongea et tira légèrement sur sa main comme pour l'invité à venir s'allonger. Les bras tendus, elle lui offrait ce que lui-même lui avait offert même si, étrangement, elle l'imaginait mal accepter tout comme elle ne pouvait affirmer qu'il partirait. Comment réagirait-il ?

    Contre toute attente il se logea dans ses bras après avoir longuement hésité et son mouvement semblait avoir été fait de mauvaise grâce comme un peu plus tôt lorsqu'il lui avait demandé de s'occuper de sa blessure. Elle ne s'en formalisa pas pour autant et se blottie contre lui, enfouissant son visage dans la masse lumineuse de ses cheveux blancs puis ferma les yeux. Lui aussi devait être sur le point de s'endormir et, une nouvelle fois, les questions revinrent, plus nombreuses que jamais. Pourtant elle n'y songea pas longtemps. Le sommeil s'empara d'elle avant qu'elle ne puisse réellement réfléchir ou formuler une pensée cohérente. Elle sombra dans un sommeil lourd et profond dans lequel elle s'enlisa tant et si bien qu'elle fut totalement déconnectée de la réalité, tout bruit ne saurait l'atteindre. Dans son dos, elle sentait pourtant une chaleur, une boule de chaleur que, dans la brume du sommeil, elle parvint à identifier comme étant Shad qui s'était pelotonné contre son dos. Le pauvre ne la lâcherait pas de sitôt même si elle ne lui accordait pas la moindre attention. Petit à petit l'obscurité du sommeil céda la place à...l'obscurité du rêve ?

    Il n'y avait rien devant elle, rien derrière, en dessous ou au dessus...juste deux autres personnes à ses côtés. Enfin, l'un des deux était une personne, l'autre était un animal. A sa gauche se tenait Yahwë, celui-ci ne la regardait pas et fixait l'horizon avec obstination, aucun sentiment n'apparaissait sur son visage comme si celui-ci était recouvert d'un masque dépourvu d'expression. A sa droite se trouvait Shad, plus grand qu'il ne l'était réellement. Il atteignait désormais la taille de ses hanches mais il continuerait à grandir. Tous trois marchaient dans une étendue verte, d'un vert émeraude que le bleu azur du ciel accentuait en beauté, c'était un paysage magnifique et elle se retrouva emplie d'un sentiment de bonheur pur et simple. Elle était accompagnée et même si l'un et l'autre ne semblait guère apte à témoigner du moindre sentiment – l'un à cause de sa nature animale, l'autre à cause de son caractère renfermé et taciturne – cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle était heureuse. Le soleil brillait, les nuages avançaient paresseusement, le vent soufflait en une brise délicate et elle était au calme, sans ennuis particulier, juste en compagnie de personne qu'elle appréciait. Parce qu'elle appréciait le tigre aussi maintenant ? Peu importait, il faisait beau et la vie semblait lui sourire, enfin...jusqu'à ce que les nuages deviennent sombres, s'amoncelant comme pour annoncer un orage. Le tourbillon nuageux prit la forme du visage de son père comme pour lui rappeler que tout n'était pas blanc, qu'elle n'avait pas le droit au bonheur après ce qu'elle avait fait. Elle commença à s'agiter dans son sommeil. Loin sur leur gauche se trouvait une forêt à l'aspect sinistre et qui, malgré sa beauté sauvage, ne lui inspirait rien de bon tandis que le paysage magnifique se transformait en cauchemar . Shad fut le premier à partir. Accélérant quelque peu l'allure de ses pas longs et pesant, plein de majesté, il passa devant elle puis s'élança vers la forêt où il commencerait sa vie d'animal sauvage. Elle chercha à la rattraper. S'élança à sa suite pour lui demander de rester, l'implorer s'il le fallait...il avait déjà disparut sous la frondaison des arbres, disparu comme s'il n'avait jamais existé. Elle se retourna, cherchant du soutien auprès du jeune homme qui l'accompagnait tout en sachant que, maladroit comme il était avec les sentiments, il ne le ferait sans doute pas. Là où il aurait dû se trouver, elle ne trouva rien d'autre qu'une prairie battue par les vents dont l'herbe ployait sous la force des bourrasques. Elle était seule. Encore une fois. Elle se mit à trembler de tout son corps, tant dans son rêve que dans la réalité, agitée par un cauchemar qui lui faisait ressentir l'illusion d'une douleur qu'elle désirait éviter plus que tout au monde. Elle était seule. Il n'y avait personne aux alentours, pas de trace de son compagnon animal qui avait disparut après avoir passé la lisière de la forêt à l'allure tourmenté, Yahwë aussi avait disparut sans laisser de trace, sans faire de bruit. Elle eut envie de pleurer. Elle était seule. Encore. Elle leva les yeux vers le ciel nuageux, voyant le visage souriant de son père dans le maelström de nuages annonçant un orage d'une rare violence...l'image de son géniteur fondit sur elle avec la rapidité d'un éclair et, alors qu'elle se faisait engloutir par la tornade qui en avait résulté, elle ouvrit les yeux en grands. Une fine pellicule de sueur recouvrait son visage, elle tremblait de tous ses membres comme agitée de spasmes nerveux, une terreur sourde s'était emparée d'elle tandis que la déchirure de son cœur semblait s'être accentuée, devenant un trou béant dans ce capricieux palpitant.

    Bien décidée à quitter cette clairière coûte que coûte, elle se glissa hors des bras du jeune homme, son mouvement à tant précipité que doux afin de ne pas le réveiller malgré son empressement. Elle se dirigea à grand pas vers la lisière de la forêt, décidée à s'en aller, à parcourir l'île et à mettre le plus de distance possible entre elle et lui, entre elle et le tigre, entre elle et toute forme de liaison. Elle n'entendit pas Shad se lever d'un bond pour la rejoindre en trottinant gaiement, trop accaparée par le trajet qu'elle allait prendre, parce qu'elle allait faire...par son cauchemar. Elle s'arrêta peu après puis se tourna vers Chronos, le regard emplit d'une peur qu'elle peinait à dissimuler :


    - Désolée...je...je dois...y aller. A bientôt...j'espère.

    Le dernier mot était vrai, elle désirait le revoir mais d'un autre côté elle ne le voulait pour rien au monde. Elle tourna les talons et se dirigea vers le couvert rassurant de la forêt...Shad sur les talons.
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Chronos Djalweïs
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MessageSujet: Re: Effrayée par une peluche ambulante...pathétique ! >_< [Terminé]   Sam 28 Fév - 13:02

Pour une créature telle que Chronos, il n'y avait pas pire que d'avoir une mémoire phénoménale. Et lui la possédait. Il était capable de se souvenir de faits qui s'étaient déroulés il y a bien des années, aucune limite, il se souvenait, c'est tout. Et pour son plus grand malheur, car de telles choses ne peuvent l'aider à aller vers les autres. Elles avaient plutôt tendance à l'éloigner, à le rendre différent, plus fort tout en étant plus fragile. Un contraste saisissant et étrange qui perturbait beaucoup de monde. Chronos le savait, il avait également conscience que parfois, il ressemblait à un enfant et dans un sens, à son âge, c'est ce qu'il est. À peine formé, et pourtant, il possédait une maturité que peu peuvent se vanter de posséder, surtout à cet âge. Certains même ne la possèderont jamais. Et lui, petit soldat, ne savait pas comment l'utiliser, il l'employait uniquement dans les cas de nécessité, quand il devait faire face à un obstacle particulièrement grand, oui simplement en combat. Là en fait, il balbutiait, ne parvenait pas à parler correctement, butant sur des mots si simples... Mais pour lui... Dire tant de chose en une phrase relevait de l'exploit. Il voulait se calmer, son corps tout comme son esprit, avoir rencontrer Alecia ne l'avait pas du tout aidé, au contraire, cette femme le perturbait beaucoup trop, elle avait des gestes... Que personne ne devait avoir avec lui, le fils du démon. Peut-être que c'est parce qu'elle ignorait qui il était vraiment... Non improbable, du peu qu'il la connaissait, Chronos pouvait parier qu'Alecia n'était pas du genre à rejeter une personne pour son passé. D'un côté cela le rassurait mais d'un autre, cela ne lui donnait que plus envie de partir. Sans compter qu'il continuait à se torturer mentalement... Il avait besoin de repos, là, tout de suite, seul, et apaiser ce qui devait l'être. Certes, il avait une dette envers la jeune femme, mais... Mais voilà que la beauté sauvage s'était rapprochée, pour avoir un geste rivalisant avec la douceur et la délicatesse. Chronos se laissa faire, laisse cette femme enlever sa main qui le couvrait, dans un mouvement qui aurait presque pu dire qu'elle enlevait aussi les tracas et la honte... Mais ce n'était pas le cas. C'était juste un geste qui une fois d'est pas coutume, laissa Nightmare de marbre. Aucune surprise, comme s'il s'y était attendu. Chronos la fixa, et lorsqu'elle s'allongea, tirant sur sa main pour l'inviter à faire pareil, Chronos ne su pas comment réagir. Le doute pu se lire dans son regard vert. Pourquoi accepterait-il de prendre place près d'Alecia? Il avait un minimum confiance en elle, mais... Il n'avait aucun désire à aller dormir près d'elle. Méfiance. Toujours se méfier car l'improbable est toujours probable. Sans compter que tout contact le révulsait. Non, c'est pas tant ça, c'est qu'il craignait être touché plus que de raison. Après ce qu'Elidor avait failli réussir sur lui, Nightmare était incapable de se laisser approcher normalement.

D'un autre côté, ici dans les bras d'Alecia, ou sous un autre arbre à plusieurs mètres, il n'y avait pas beaucoup de différence. Et puis il ne pouvait pas lui arriver grand chose, elle ne le tuerait pas. Ça au moins il en avait la certitude. Alors qu'est-ce qui le faisait hésiter. Cette réticence à se laisser approcher et toucher... C'était stupide vu que cela ne lui posait aucun problème lorsqu'il le faisait lui-même. Il soupira et finalement accepta. De mauvaise grâce. Parce qu'il ne pouvait pas refuser la demande d'une dame et que la laisser là, sans protection alors qu'elle était blessée, ce n'était pas vraiment galant. Ça se voyait clairement qu'il ne faisait pas cela par plaisir, mais au moins le geste y était. À présent couché près d'Alecia, il la laissa faire ce qu'elle désirait, se blottir contre lui, et la tête cachée. Et le soldat qui ne désirait aucune proximité se retrouvait à serrer la jeune femme, semblant vouloir la protéger. Il respirait son parfum et avait difficile à se concentrer sur son repos. Mais il était devenu un expert là dedans. Il régula sa respiration, chassa toute pensée inutile, tout sentiment pour faire place à un vide béant. Et le sommeil l'enveloppa. Et Morphée ne lui procura aucun rêve ce qui était tout aussi bien dans le cas du jeune homme. Seulement voilà, cela ne dura pas longtemps. Car bientôt les songes arrivèrent, tout d'abord diffus, puis les images se précisèrent avec une netteté à faire peur. Sa mère. D'une grande beauté, des yeux bleus, si expressifs, clairs comme un ciel d'été, des cheveux si doux, si soyeux, châtains mi-long... Elle était si différente de chronos, ensembles, ils n'avaient quasiment aucun point commun. Sans compter que Altéa était décédée il y a bien longtemps. Et là... Elle était devant lui, souriant, se sourire qui... Oui qui était semblable à celui de son fils. Elle lui tendait la main, si jeune, si fraiche. Elle l'acceptait. Chronos était bouleversé. Sans compter le fait que lui même avait gardé son âge... Tant mieux, il allait pouvoir s'excuser, tenter de se faire pardonner pour un crime qu'il n'avait pas commis. Mais elle refusait d'écouter, lui intimait le silence d'un sourire et d'un geste. Et il était réduit à obéir, comme il en avait prit l'habitude. Mais cela ne le dérangeait pas. Tout du moins, tant qu'elle resta matériel. Et oui, plus les secondes passaient plus Altéa s'évaporait, semblable à un souvenir qu'on tente de rattraper. Si Chronos s'agitait dans son rêve, hurlait à s'en faire mal, dans la réalité, rien ne se laisse percevoir. Malgré son profond sommeil il restait alerte à ce qui l'entourait et dès que la jeune femme s'agita, Chronos le sentit, resserrant sa prise, semblant vouloir la rassurer, même endormit. La suite resta très floue dans son esprit, il avait eut conscience de quelque chose, que cet évènement l'avait réveillé, mais il ne prit pas la peine d'ouvrir les yeux, il savait déjà. Alicia était partie. Etrangement, il ressentit un petit pincement au niveau du cœur. Il était... Pas de mot pour cela. Il avait juste ressentit cela. Et quand la vois de la jeune femme retentit, Nightmare ne pu s'empêcher de penser qu'elle s'excusait auprès d'un camarade endormi... Et alors qu'elle tournait les talons pour s'enfoncer dans la végétation, le soldat fut poussé par une pulsion soudaine. Une image était venue se loger dans sa rétine, celle de sa mère, la disparition de se génitrice. Et cette image se superposa à celle d'Alecia. Et d'un mouvement souple, rapide, le jeune homme se releva, attrapant la bras de la demoiselle pour la retenir. Une terreur sans nom brillant au fond des ses prunelles vertes aux éclats métallique.

Il montrait dans son regard, la peur qu'il avait de perdre quelqu'un d'autre... Enfin ici c'était de perdre à nouveau sa mère. Mais Chronos reprit conscience. Il cligna des yeux et secoua la tête, tentant d'effacer de sa mémoire, toute trace gênant. Il lâcha la demoiselle et recula de quelques pas. Il était occupé à... apprécier Alicia. Il ne pouvait se permettre une telle chose. Il reprit son sac et fit quelques autres pas en reculant puis s'enfuit dans la direction opposée sans dire un mot. Alicia devrait comprendre facilement ce que ressentait Chronos, cela avait été si facile de lire dans son regard, de déchiffrer les émotions qui y étaient passées... Et il continua de courir sans s'arrêter, jusqu'au moment où il fut certain que personne ne le suivait. Il grimpa dans un arbre, ignorant avec superbe la douleur qui lui vrillait tout le bras. Et il s'adossa là, contre le tronc, sur la branche en hauteur. Et il fixa un point, se forçant à retrouver un semblant de paix intérieur. Il en voulait inexplicablement à Alecia, alors qu'elle n'avait rien fait... Il n'aurait jamais dû l'aider, il aurait mieux fait de tourner les talons et de ne s'occuper de rien, maintenant voilà que ce en quoi il croyait s'effondrait. Et qu'une nouvelle image viendrait se graver à jamais dans sa mémoire: Celle d'une beauté qui s'est arrêter pour l'effleurer et le rendre fou...
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Alecia Deveria
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